00:01
Europe 1 La libre antenne
00:14
Valérie Darmont. Bonjour et bienvenue dans la libre antenne de ce week-end. Rendez-vous avec les moments les plus forts de cette semaine, si vous le souhaitez. Et puis, vous pouvez toujours composer le 01 80 20 39 21. C'est le numéro de notre standard. Il est non surtaxé, vous le savez. Et nous envoyez tout de même, jusqu'à une heure du matin, vos SMS au 7 39 21 75 centimes plus coût du SMS. Profitez bien de votre émission, chers amis.
00:43
Europe 1, la libre antenne. Valérie Darmon. Bonsoir Pascal.
00:49
Bonsoir Valérie.
00:50
Merci d'être avec nous sur l'antenne d'Europe 1. Pour nous parler de quoi ?
00:55
Dites-moi. Écoutez, ce soir j'ai envie de vous parler d'un outil que j'ai trouvé, d'un médicament peut-être, miracle, c'est le rire. Ah bien, ah oui ! Et on se rend compte qu'en ces moments un petit peu perturbés, perturbants et angoissants, le rire est peut-être le meilleur médicament qu'on peut se prescrire à soi-même.
01:16
C'est certain. D'ailleurs, il y a un outil qui s'appelle la rigologie. Vous connaissez ?
01:21
Pas du tout.
01:23
La rigologie, ce sont des groupes, comme on fait des groupes en constellation familiale ou en gestaltérapie ou en psychodrame. Voilà, toute une ribambelle d'outils qui marchent très bien d'ailleurs en termes thérapeutiques. On va participer à un groupe où on ne fait que rire.
01:39
Et comme le rire est contagieux, au début on pense qu'on a l'air ridicule, et finalement à la fin tout le monde rive vraiment, et ça booste évidemment les hormones de la joie.
01:51
Et comme le cerveau est très facile à gruger, il croit qu'on est très heureux.
01:55
Oui, c'est un petit peu ça.
01:58
Alors vous, comment vous l'utilisez ce médicament qu'est le rire, Pascal ?
02:02
En fait, c'est un parcours un petit peu particulier puisqu'il faut savoir que... Alors moi, j'ai un métier très rigoureux puisque je suis cadre bancaire, donc ce n'est pas un métier...
02:12
Plutôt aride, on le dit quand même.
02:15
C'est l'image qu'on a. J'ai vu récemment un assureur qui faisait sa campagne de publicité en disant qu'on avait le droit d'être pas rigolo si on était banquier ou assureur.
02:24
Je ne suis pas tout à fait d'accord. Sauf si c'est votre assureur. Je l'ai vu, il y a une campagne absolument partout. Elle est pas mal foutue d'ailleurs.
02:32
Elle m'a fait sourire puisque c'est l'inverse de ce que je fais et ce que je vis moi aujourd'hui.
02:37
Alors, moi, pour tout vous dire, pendant des années, je me suis passionné pour le phénomène extraterrestre. Vraiment, je me suis jeté à corps perdu dans cette étude, dans ces observations qu'on décrivait, l'actualité américaine qui était encore très très riche sur le sujet. Et plus j'avançais sur ce sujet, plus j'étudiais les autres avec un grand rat. Et puis, je me suis rendu compte qu'en fait, c'est moi-même que j'étudiais, qu'en fait, j'avais l'impression que c'était un voyage vers l'autre et vers l'extérieur, mais qu'en fait, c'était un voyage vers l'intérieur.
03:09
Ça, ça a été ma première étape.
03:12
Première révélation. Première révélation.
03:15
Oui, oui, oui. Et c'est vrai que je suis arrivé après un moment de l'étude qui m'a fait dire que le sujet m'intéressait peut-être moins, mais que j'avais envie quand même de continuer à m'explorer et à travers le rire, en fait, c'est-à-dire de me moquer de moi-même. Et je trouve que c'est vraiment très divertissant et très apaisant parce que quand on arrive à se moquer de soi-même, il est beaucoup plus facile de surmonter les difficultés qu'on peut rencontrer.
03:40
Oui, mais Pascal, ce n'est pas donné à tout le monde de savoir faire des blagues ou de savoir les raconter ou d'avoir de la répartie. Il y a des gens qui sont bons publics mais qui ne sont pas du tout doués dans l'humour. Moi, par exemple, je n'ai pas du tout d'humour et ça me manque d'ailleurs. Par contre, je suis plutôt bon public dans la vraie vie, pas au théâtre.
04:00
Je ne sais pas, j'ai l'impression que ça s'apprend quand même. L'humour, ça peut être aussi une façon de raconter une histoire, quelque chose qui vous est arrivé. Moi, par exemple, j'ai très peu de ce qu'on appelle d'acting. C'est-à-dire que quand je suis sur scène, je n'incarne pas des personnages, mais je raconte des choses du quotidien.
04:21
Je force des traits physiques ou caractères que j'ai. Donc, je ne suis pas sûr que ce soit si dur de faire de l'humour. C'est juste de passer le pas et d'apprendre peut-être quelques petites techniques qui permettent de rendre la chose amusante pour les autres.
04:35
Mais vous, vous avez commencé comment ? Vous avez été faire des cours d'éloquence ? Comment vous avez fait ?
04:41
Moi, en fait, ce qui s'est passé, quand j'ai utilisé le phénomène OVNI, je faisais des émissions, j'ai même fait un petit peu de télé. Et c'est vrai que quand on faisait ces émissions, je me rendais compte que je n'arrivais pas à faire une émission sans rigoler, sans sortir des petits jeux de mots, des choses comme ça. Voilà, c'était vraiment dans ma nature. Et il y a un peu plus d'un an et demi, j'ai décidé de passer le pas et je me suis inscrit dans des cours, dans ce qu'on appelle des cours de stand-up, pour justement affiner et apprendre les techniques de l'humour. Parce qu'encore une fois, Les blagues, l'humour, ce sont des techniques, ce sont des mécanismes et qui, je pense, sont accessibles à tout le monde, bien qu'on puisse croire le contraire.
05:19
Mais vous avez quel âge, Pascal ?
05:21
J'ai 52 ans.
05:27
Ah oui, parce que vous faites très jeune. Bon, on est jeune à 52 ans en même temps. Aujourd'hui, on n'est plus vieux du tout. Mais vous avez une voix dynamique, vous êtes jeune. Et c'est tout récent pourtant en plus. À quel moment on se dit, je vais aller faire du stand-up à cet âge-là ? Moi, je trouve ça génial. Bien sûr, on se réinvente tout le temps.
05:47
Vous imaginez, je suis loin d'être le plus âgé du stand-up à Marseille, mais je suis quand même... Ah, vous aussi, vous êtes à Marseille ?
05:55
Eh oui, tout à fait. Ah, mais ce soir, c'est une antenne spéciale Marseille. Il se passe des choses.
06:00
Et d'ailleurs, Marseille est incroyable et exceptionnelle en matière d'humour, en matière de stand-up. Il y a une richesse d'humoristes. C'est fou. C'est fou, c'est fou. C'est vrai que je me retrouve souvent sur des scènes avec des gens qui ont 20-30 ans de moins que moi. Et je trouve ça vraiment exceptionnel. Des personnes parfois aussi jeunes et avec... Un tel humour, un tel acting, moi, ça me fait rêver. Donc, en fait, quand je vais faire de la scène, je m'amuse autant à jouer que de regarder les autres jouer.
06:34
J'apprends beaucoup des autres.
06:36
C'est Gad Elmaleh qui a ouvert un lieu, d'ailleurs, de stand-up à Marseille, près du Vieux-Port, je crois.
06:41
J'ai le plaisir d'y jouer de temps en temps. Ah oui ? Non, Marseille est une vie extrêmement dynamique en stand-up. Je crois que certains, d'ailleurs... je dirais, l'ambition d'égaler, voire de se passer pareil en humour. Mais bon, je crois qu'on n'y est pas encore.
06:56
Alors, nous, on avait une émission sur l'antenne d'Europe 1 qui s'appelait « Il n'y a pas qu'une vie dans la vie », une émission que j'adorais, présentée par Isabelle Morizet. Donc, vous, vous êtes banquier, passionné d'OVNI, donc ufologue, et humoriste, en fait.
07:10
trois vies en une pour l'instant c'est quoi le prochain projet là parce qu'on sent que c'est quoi j'en ai d'autres aussi je fais beaucoup de sport moi je pense que la vie mérite justement qu'on la vive et qu'on la vive pleinement qu'on n'attend pas que les choses se passent et encore une fois l'humour pour moi c'est vraiment s'amuser de soi-même parce qu'après il y a plusieurs formes d'humour on peut se moquer aussi des autres moi je vous amène quelque chose qui m'enrichit beaucoup moins Je rigole beaucoup plus quand c'est moi qui tombe que quand je regarde quelqu'un tomber.
07:45
Juste, je cherche le fil conducteur entre l'ufologue que vous êtes et l'humoriste que vous êtes. C'est quoi le lien ? C'est que vous vous moquez de vous-même parce que vous êtes passionné d'extraterrestres ?
07:57
Non, je crois que le point commun, si on cherche un fil, c'est le pas de côté. C'est-à-dire réussir à s'observer et à comprendre ce qu'on fait, pourquoi on le fait et s'amuser de tout ça. C'est un peu comme votre auditeur de tout à l'heure, quelque part une sortie de corps physique et de se regarder soi-même et de s'amuser de soi-même.
08:21
Donc vous, vous passez votre vie à rigoler ?
08:24
Oui et c'est passionnant, c'est-à-dire que vraiment après vous êtes dans une mécanique où vous cherchez quelque part une blague, une vanne, une chute sur le moindre événement du quotidien. Vraiment intellectuellement c'est passionnant je trouve.
08:39
Oui c'est une gymnastique intellectuelle finalement.
08:43
Et puis c'est très agréable parce que... Surtout pour votre entourage, c'est génial je trouve. Alors, je vous admet que j'essaye de penser à voix basse.
08:54
Ah, sinon, vous vous saoulez, sinon, c'est ça ?
08:56
Voilà, sinon, pour l'entourage, ça peut vite devenir un calvaire que de devoir supporter des blagues qui ne sont pas toujours très amusantes. Voilà, donc, non, non, on apprend à réfléchir intérieurement et de temps en temps à partager quelque chose qui paraît vraiment intéressant.
09:11
Est-ce que vous êtes déjà tombé sur des personnes qui étaient dans le public en train de vous applaudir en stand-up et qui viennent vous voir à la banque ?
09:20
Oui.
09:20
Oui, oui, oui. Ça arrive de temps en temps.
09:24
Et ça fait quoi ? Parce que tout de suite, on regarde son banquier différemment, à moins que vous soyez un banquier très très sympa.
09:32
Oui, c'est vrai que de façon naturelle, j'ai l'humour assez facile.
09:39
Mais je trouve que ça permet aussi de se rendre compte qu'un banquier, c'est aussi une personne normale. C'est pas un automate. Et ça, je l'avais déjà constaté quand j'ai fait un petit peu de télé. ou parfois des clients m'appelaient et puis en fin d'entretien me disaient « je crois que je vous ai vu à la télé ». Alors c'était toujours très amusant de jouer avec ça. Donc c'est quelque chose dont j'ai l'habitude aujourd'hui, d'être confronté à des clients qui me rencontrent, en tout cas qui me découvrent sur d'autres sujets, qui parfois les passionnent eux aussi d'ailleurs.
10:12
Alors, on a Marie au 73921 qui dit que juste en vous écoutant, elle rigole. Donc, vous voyez, ça marche. Elle vous aime trop et elle me demande au 73921, surtout à vous, où est-ce que vous vous produisez ?
10:25
Écoutez, là, j'ai quelques dates. Par exemple, je vais avoir le plaisir de jouer dans la salle de Gadelmalet, qui s'appelle Le Ville, à Marseille, sur le Vieux-Port, le 16 février, avec tout un plateau d'autres humains.
10:38
Le 16 février ou le 16 mars ?
10:39
Parce que là, c'est passé. Le 16 mars, pardon.
10:42
C'est mieux. Et Mario73921, demandez où vous vous produisez parce qu'elle riez toute seule, juste en vous écoutant sur l'antenne d'Europe 1, ce qui pour nous est quand même extrêmement positif. Donc, vos dates, s'il vous plaît, Pascal.
10:57
Mes prochaines dates, effectivement, on parle de grosses dates, parce que c'est vrai que c'est toujours un plaisir de jouer la base, c'est le Comédie Club de Gad Elmaleh, le VIX, et c'est le 16 mars sur le coup, et pas 16 février, effectivement.
11:10
Alors, et quoi d'autre ?
11:12
Il y en a d'autres ? Oui, on a créé un plateau parce que c'est vrai qu'il y a tellement de stand-upers à Marseille qu'aujourd'hui, pour jouer, la place est rare. Donc, en fait, on crée des collectifs pour créer des scènes dans des endroits. Par exemple, on va dans une brasserie qui s'appelle la Brasserie de Libes et nous invitons d'autres habitants de stand-upers pour proposer une soirée amusante aux gens qui viendront la voir.
11:36
Est-ce qu'on vous trouve sur les réseaux sociaux ou pas du tout ? Oui. Alors, dites-nous tout. Je vais aller voir en sortant de l'antenne.
11:46
Vous me prenez comme ça, vous me cueillez.
11:49
Alors, moi, c'est vrai que les réseaux sociaux, j'utilise beaucoup, j'appelle ça mon laboratoire à vannes, c'est-à-dire que je me filme, je sors des petites vannes et puis je vois si elles sont amusantes. C'est assez simple, j'ai utilisé mon nom et ma page, enfin mes réseaux, c'est Pascal Fechner, se croit drôle. Voilà, c'est comme ça que j'utilise.
12:05
Pascal Fechner, c'est ça que vous appelez Fechner ?
12:06
Fechner, oui.
12:07
Voilà, se croit drôle. Ah, j'adore ça, c'est drôle déjà comme ça, dit comme ça.
12:11
J'avais hésité entre « se croit drôle » et « exige qu'on l'aime ». Mais je me suis dit, pour faire de l'humour, « se croit drôle », c'était plus marrant.
12:19
Ah oui, c'est drôle. C'est vraiment drôle. Tout à l'heure, vous nous disiez, donc vous avez 52 ans, que vous ne savez pas très longtemps que vous faites du stand-up.
12:29
que ça s'apprend, l'humour, qu'il y a des outils, il y a des techniques. Dites-nous, peut-être, donnez-nous deux, trois trucs, si on a envie de s'essayer à l'humour, et puis comme ça, demain, les auditeurs d'Europe 1, qui auront peut-être essayé demain, nous diront demain soir, au 73921, si ça a fonctionné.
12:45
Alors, je vais donner un secret à vos auditeurs, le secret des humoristes, en fait. Une bonne blague, enfin, un bon sketch, c'est qu'en fait, vous amenez le public dans une direction et la chute doit être totalement différente de ce à quoi s'attend le public, en fait. Voilà, c'est ça la réussite d'une bonne blague. C'est toujours surprendre le public et de faire une espèce de pirouette totalement inattendue. C'est vraiment le secret des bonnes blagues.
13:14
Vous nous en faites une ?
13:18
Alors, vous prenez un peu de compte.
13:21
Oui, on va voir si vous êtes alors.
13:26
Là, c'est très compliqué au téléphone et on est sans préparation. Je laisse le public découvrir.
13:33
Votre Instagram, Pascal Fechner, se croit drôle.
13:36
Vous savez, je crois que vous me posez, et ça arrive, c'est la question la plus dure pour quelqu'un qui dit « tu fais de l'humour ».
13:44
de s'entendre dire, et c'est souvent, vas-y, fais-moi rire. Et ça, c'est vraiment extrêmement dur. Par contre, paradoxalement, ça, c'est pas sur commande. Il faut une petite préparation mentale, quand même.
13:56
Par contre, si je vous dis, faites-moi un prêt, là, ça marche mieux. Là, c'est moi qui rigole. Ok, non, mais j'habite pas Marseille, de toute façon. Alors, dites-moi, est-ce qu'il y a eu des flops, déjà ?
14:09
Alors, oui, c'est ça qui est terrible, c'est que parfois vous écrivez quelque chose, vous dites que c'est absolument hilarant, je vais tendre la salle en deux, et puis vous sortez votre blague, et puis vous attendez, et rien ne se passe.
14:23
Et c'est là qu'est la blague ?
14:26
Alors voilà, en fait, ce n'est pas faux. Il faut aussi savoir jouer d'un flop parce que de ne pas être marrant, c'est marrant aussi parfois. Si tant est que l'humoriste ne se retrouve pas complètement figé, déconfie du fait que sa blague n'a pas marché.
14:42
Est-ce que ça vous a aidé dans la vie de monter sur scène, d'oser monter sur scène et de vous montrer tel que vous êtes finalement ?
14:49
Oui, c'est pour ça que je parle vraiment d'un médicament qui n'a aucun effet secondaire, c'est ça qui est chouette. Ça m'aide tous les jours et ça me permet de relativiser parfois des situations qui, peut-être quelques années avant, m'auraient vraiment pesé.
15:05
Alors par exemple, comme situation, vous étiez timide avant, souvent les comics sont des timides à la base.
15:10
Ah, je le reste.
15:11
Ah, vous le restez ?
15:12
Je reste très timide. Ah oui, c'est extrêmement timide, justement. C'est une façon aussi de se sortir un petit peu de cette timidité.
15:23
Est-ce que vous êtes un clown triste dans la vie ?
15:26
Non, pas vraiment, justement. Après, là où je vous rejoins, il y a quand même des caractères. Pour faire de l'humour, il faut peut-être une espèce de légèreté naturelle que tout le monde n'a pas. C'est un peu vrai aussi, quand même.
15:37
Moi, je serais plutôt partie, peut-être aussi, sur la capacité à avoir de la répartie.
15:44
Oui, en fait, souvent, vous vous mettez à vous dire je peux être drôle parce que vous finissez bien les phrases des copains, vous sortez des punchs. Maintenant, faire de l'humour, c'est autre chose parce que quand vous dites là, je ne pars pas de quelque chose qu'on m'a dit, je pars de zéro. Et ça, par contre, c'est un cas pas si difficile à surmonter les premiers mois quand vous vous mettez à écrire réellement pour jouer.
16:06
Vous testez vos blagues sur votre entourage ? Peu !
16:10
sur mes filles sur mes filles moins sur ma femme c'est vrai c'est un public difficile donc je lui garde vraiment les meilleures blagues donc elle découvre le spectacle quand elles vont vous voir finalement parfois parfois oui oui tout à fait encore que on joue souvent les mêmes choses malgré tout après on enrichit on enlève des choses on en rajoute Mais c'est vrai que je leur évite de venir à chaque scène, parce qu'à un moment, il y aurait un phénomène de lassitude qui serait... Ça deviendrait plus une contrainte qu'un plaisir.
16:40
Elles ont quel âge, vos filles ?
16:42
20 ans et 17 ans.
16:44
Et elles se destinent à quoi ? Comédiennes ?
16:47
Non, je ne crois pas. Au contraire, la grande va faire de la mode et la petite part plutôt vers le droit.
16:54
Il n'y a rien à voir. Exactement. Et votre plus beau souvenir sur scène, Pascal ?
17:02
Le premier, je crois, la première scène. La première scène parce que c'est la plus dure.
17:08
Et quand vous avez vos premiers rires, parce que le rire c'est le salaire de plusieurs semaines, plusieurs mois de travail, et que vous vous dites ok, je peux faire rire, ça c'est un beau souvenir. La première scène a un goût que les autres n'ont pas, très honnêtement.
17:27
Oui, c'est comme toutes les premières fois, il faut prendre soin de ces premières fois.
17:31
En tout cas, ma première scène avait été réussie, donc ça m'a incité à continuer.
17:38
Pascal, vous avez une autre passion qui est donc les extraterrestres. Et là, ça continue cette passion ou vous l'avez délaissée ? Je souris en posant la question, ça pourrait faire l'objet d'une autre émission.
17:51
Oui, complètement, parce que j'ai vraiment passé des années. Je suis rentré dans ce domaine en étant persuadé que nous étions visités.
18:00
Je continue en étant persuadé que la vie existe ailleurs dans l'univers, mais qu'il y a hélas très très très peu de chances que nous soyons visités actuellement par d'autres civilisations.
18:11
Qu'est-ce qui vous fait dire ça ?
18:15
Le fait est que nous n'avons aujourd'hui aucun élément vraiment probant qui nous permettrait d'affirmer ce fait. J'aimerais bien, j'adorerais, ce serait tellement rassurant de savoir que nous ne sommes pas seuls et que des êtres plus intelligents que nous... ont réussi à survivre à la technologie, à l'univers nucléaire, à tout ça. Enfin, pour l'instant, nous n'avons pas cet exemple.
18:41
Par exemple, quand Trump propose de déclasser les dossiers top secret des États-Unis après la gaffe d'Obama récemment sur les extraterrestres, vous pensez qu'ils vont déclasser quoi ?
18:52
Alors, il faut savoir que ce que le président Trump a annoncé et a demandé, c'est quelque chose qui a déjà eu lieu. C'est-à-dire que les États-Unis sont dotés d'une structure qui s'appelle l'AARO, sur le coup, qui a déjà travaillé et déclassifié tout ce qui pouvait l'être sur le sujet.
19:08
C'est Roswell et compagnie, c'est ça ?
19:11
Non, au-delà de ça, c'est-à-dire que c'est une histoire assez complexe et très riche, mais le fait est que les États-Unis se sont dotés d'un vrai outil de recherche, avec des scientifiques de très haut niveau, et qu'aujourd'hui ces scientifiques disent « on a découvert des choses ». Mais on aurait préféré découvrir des extraterrestres, ça nous inquiéterait moins que ce qu'on a découvert, à savoir des incursions étrangères, et sur le coup, absolument pas extraterrestres, médiantériennes, au-dessus de nos bases, au-dessus de notre pays. Aujourd'hui, tout ce qui peut avoir été apparenté à des soucoupes volantes s'apparente plutôt à de l'espionnage chinois.
19:51
Donc en fait, les scientifiques disent, oui, on aurait peut-être préféré voir des extraterrestres, ça nous aurait moins inquiété.
19:57
Ah oui, effectivement. Donc, en fait, il n'y a rien d'extraordinaire ?
20:03
Alors, difficile de l'affirmer, en tout cas, aujourd'hui, les éléments que nous avons, et malgré les essais d'annonce des uns et des autres, et du président Trump, il faut savoir qu'Obama, quand même, a bien indiqué qu'il croyait en la vie extraterrestre, et je le rejoins, mais qu'il ne pensait pas que nous étions visités, et que, bien sûr, dans la zone 51, il n'y avait pas ce coup de volant qui est écrasé. Et je le rejoins plutôt là-dessus.
20:25
D'accord. On verra quand les dossiers seront déclassifiés.
20:29
Oui. Le gros est déclassifié déjà. Oui, c'est vrai. On veut garder un petit peu de rêve.
20:36
Parce qu'on a tout entendu sur Roswell. Moi, dans une autre vie, j'ai été sur la base 51. Enfin, à la limite, parce qu'on ne veut pas rentrer. Oui, j'allais dire si vous y êtes allé... Non, non, non, à la limite, derrière le grillage.
20:48
Derrière le grillage, voilà, comme beaucoup.
20:52
Comme beaucoup, voilà, parce qu'à l'époque, je lisais beaucoup Jimmy Guilleux.
20:55
Ah, c'est ça notre Jimmy, vous savez qu'il était d'Aix-en-Provence.
20:59
Ah, je ne savais pas, voilà, parce que c'est vieux maintenant dans ma tête.
21:04
Oui, oui, il est un sacré personnage.
21:08
Exactement, comme vous un petit peu, Pascal, sauf que vous êtes moins illuminé.
21:13
Jimmy était avant tout un auteur de science-fiction, donc il savait aussi manier son public en soufflant le chaud et le froid, je crois.
21:20
Oui, oui, c'est vrai. En tout cas, il vendait pas mal de livres. Je ne sais pas ce qu'il est devenu, parce que c'est sa date, maintenant.
21:26
Jimmy Dieu nous a quittés en tout début des années 2000.
21:30
Oui, c'est ça.
21:33
Il vendait pas mal de livres. Oui, oui.
21:36
Exactement.
21:38
Pascal, écoutez, moi je vais aller voir Pascal Fechner se croit drôle sur Instagram dès la fin de l'émission. Je vous souhaite de belles scènes à venir et puis j'ai hâte de savoir comment vous allez vous réinventer après le stand-up parce que banquier, ufologue, humoriste, ça vaut les tours quand même.
21:56
Peut-être le cinéma, allez savoir.
21:58
On ne sait jamais. En tout cas, un grand merci d'avoir pris la peine de passer ce vendredi soir en notre compagnie. Je vous souhaite de belles dates, 16 mars prochain. Comment ça s'appelle l'endroit de Gade ?
22:12
Le VIGS, voilà, à Marseille pour les Marseillais, puisque ce soir, c'est une antenne marseillaise. On a quand même eu Francine qui nous a appelé Dorrance.
22:20
C'est pas mal non plus.
22:22
Prenez bien soin de vous, Pascal. Merci beaucoup d'être intervenu ce soir sur l'antenne d'Europe 1 dans la libre antenne. Au revoir.
22:27
Au revoir.
22:38
C'est pas l'homme qui prend la mer, c'est la mer qui prend l'homme, ta ta ta, moi la mer elle m'a pris, je me souviens, un mordi. J'ai troqué mes Santiago et mon cuir un peu zone, contre une paire de Dockside et un vieux ciré jaune.
22:59
Déserter les crasses qui me disaient « Sois prudent » La mer c'est dégueulasse, les poissons baissent dedans Dès que le vent soufflera, je repartira Dès que les vents tourneront, nous nous en allerons C'est pas l'homme qui prend la mer, c'est la mer qui prend l'homme Moi la mer elle m'a pris au dépourvu, tant pis J'ai eu si mal au coeur sur la mer en furie J'ai vomi mon quatre heures et mon minuit aussi Je me suis cogné partout, j'ai dormi dans des draps mouillés Ça m'a coûté des sous, c'est de la plaisance C'est le pied dès que le vent soufflera quand je repartira Dès que les vents tourneront, nous nous en allerons C'est pas l'homme qui prend la mer, c'est la mer qui prend l'homme Mais elle prend pas la femme qui préfère la campagne La mienne m'attend au bord, au bout de la jetée L'horizon est bien mort dans ses yeux délavés Assise sur une bite d'amarrage, elle pleure Son homme qui la quitte, la mer c'est son malheur Dès que le vent soufflera, je repartira Dès que les vents tourneront, nous nous en allons Musique C'est pas l'homme qui prend la mer, c'est
24:38
la mer qui prend l'homme Moi la mer elle m'a pris comme on prend un taxi Je ferai le tour du monde pour voir à chaque étape Si tous les gars du monde veulent bien me lâcher la grappe J'irai aux quatre vents foutre un peu le porçon Jamais les océans n'oublieront mon prénom Dès que le vent soufflera je repartira Dès que les vents tourneront nous nous C'est pas l'homme qui prend la mer, c'est la mer qui prend l'homme Moi la mer elle m'a pris, et mon bateau aussi Il est fier mon navire, il est beau mon bateau C'est un fameux trois mâts, fin comme un oiseau Il sera bardi, prajot, kersoson et rigidelle Navigue pas sur des cajots, ni sur des poubelles Dès que le vent soufflera, je repartira Dès que les vents tourneront, nous nous amènerons C'est pas l'homme qui prend la mer, c'est la mer qui prend l'homme.
25:53
Moi la mer elle m'a pris, je me souviens un vendredi. Ne pleure plus ma mer, ton fils est maintenant. Ne pleure plus mon père, je vis au fil de l'eau. Regardez votre enfant, il est parti marin. Je sais c'est pas marrant, mais c'était mon destin. Et que le vent soufflera. Je repartira Dès que les vents tourneront Nous nous en allerons Dès que le vent soufflera Je repartira Dès que les vents tourneront Nous nous en allerons de requins Dès que le vent soufflera Je repartira Dès que les vents tourneront Dès que le vent soufflera, nous repartira.
26:40
Dès que les vents tourneront, je me donne un rond de la peinte. Bonsoir Fanny.
26:51
Bonsoir.
26:52
Merci d'être avec nous.
26:54
Merci, je suis contente aussi de pouvoir vous parler un petit peu. Mon thème, ça concerne surtout des rêves récurrents. sur ma famille, donc les plus proches, mes parents et mon grand frère.
27:09
Quand vous dites des rêves récurrents, ce sont des rêves ou des cauchemars ?
27:13
Alors oui, un peu des deux. Ce n'est pas forcément toujours des cauchemars, mais ça concerne toujours mes parents et mon frère.
27:21
Alors vous voulez bien nous le raconter ce soir, votre rêve récurrent, Fanny ?
27:24
Oui, alors le plus souvent, c'est moi qui me trouve dans une mauvaise posture. Alors soit j'ai...
27:32
Je me mets en colère très rapidement. Je suis la risée de toute la famille. C'est toujours un peu le vilain petit canard dans mes rêves. Sachant que j'ai eu une enfance plutôt normale dans un petit village dans le Jura. Aujourd'hui, je suis expatriée. Je ne suis plus en France.
27:56
Mais j'ai des rapports tout à fait normaux avec ma mère qui est toujours là en France. Mon père est décédé subitement en 2010 d'une crise cardiaque. Et mon frère habite, lui, en Suisse, avec qui j'ai de très bons rapports. Et je ne comprends pas pourquoi je fais toujours ces rêves presque toutes les nuits. Ça fait des mois.
28:18
Ma question, c'est quand ont-ils commencé ces rêves récurrents ?
28:26
Alors, ils ont commencé à peu près en même temps quand je me suis réorientée dans ma vie. Donc, j'ai travaillé pendant des années pour une maison d'édition et j'ai voulu complètement me réorienter. Actuellement, je fais des études pour être éducatrice spécialisée. Je travaille avec des enfants handicapés et ça me plaît énormément. Ce n'est pas évident parce que je fais des études... En allemand, ce n'est pas dans ma langue, mais ça se passe très très bien.
29:00
Mais j'ai constaté que ces rêves ont commencé au moment où j'ai changé de vie.
29:06
De voie professionnelle.
29:07
Voilà, oui.
29:09
Est-ce qu'il y a de la culpabilité chez vous par rapport à votre famille d'être partie, par exemple, à l'étranger ?
29:15
Alors, il y a un petit peu de ça, effectivement. Je suis partie assez tôt. Je suis partie déjà, dès que j'ai eu le bac, j'ai fait une année fille au père.
29:26
Ensuite, je suis revenue en France faire mes études et je suis repartie après. C'est vrai que j'ai toujours été très proche aussi de mes grands-parents et c'est toujours compliqué, évidemment, quand on est expatrié, quand les grands-parents décèdent. C'est la vie, mais on se trouve un petit peu loin, alors c'est des choses qui n'ont pas été très faciles à vivre.
29:48
Mais voilà, de la culpabilité certainement un petit peu, mais je ne l'ai jamais vraiment ressenti de la part de mes parents, c'est-à-dire qu'ils m'ont toujours encouragée.
29:56
Eux ne vous ont pas culpabilisé, mais vous, vous vous êtes culpabilisé peut-être d'avoir fait ces choix, même si ce n'est pas une énorme culpabilité qui vous envahit, puisque ça ne vous a pas empêché de rester à l'étranger et de poursuivre votre vie. Mais comme dans vos rêves récurrents, vous vous fustigez toujours, vous l'avez dit vous-même, vous êtes le vilain petit canard. Donc, il y a quand même une forme de culpabilité. C'est vous la méchante. Quelque part, oui. Et Freud disait que les rêves, c'est l'expression symbolique des défoulements, des désirs refoulés ou des conflits intérieurs.
30:29
Donc, si on le regarde du point de vue un tout petit peu freudien, il y a cette forme-là, chez vous, peut-être, de culpabilité que vous portez de manière consciente ou inconsciente.
30:41
et puis ensuite il y a Jung qui lui les rêves c'était il se basait beaucoup sur les rêves c'était la théorie des archétypes donc ces rêves donc surtout les vôtres qui sont récurrents qui peuvent refléter des thèmes de l'inconscient collectif ou des archétypes par exemple Donc, qu'est-ce que ça représenterait pour vous la figure parentale, par exemple ?
31:17
Vous êtes très proche de votre mère et vous étiez proche de votre père.
31:22
Oui, voilà. On s'est beaucoup rapprochés, surtout les derniers temps avant qu'il s'en aille. Il est parti lui-même s'installer à l'étranger.
31:30
Et c'est vrai que par rapport à ça, on s'est rapprochés au fait d'être expatriés tous les deux. Et puis après, il est donc parti subitement. Et c'est vrai que je me suis toujours sentie très proche de ma famille, au point de dire très souvent, quand j'étais petite, qu'on reste les quatre ensemble, toujours les quatre ensemble. On ne se séparera jamais. J'étais beaucoup sur cette idée-là.
31:55
Alors que finalement, vous vous êtes séparée. Votre papa est parti vers l'étranger, vous aussi.
32:00
Le frère aussi.
32:02
Et le frère aussi, effectivement. Donc la famille est complètement éclatée.
32:06
Oui, c'est ça. Effectivement.
32:10
Vous vous réveillez comment après ces rêves ?
32:13
Alors ça dépend...
32:15
Quand je fais des rêves vraiment intenses, ce qu'il y a, c'est que je m'en souviens systématiquement le matin, même dans les moindres détails. Et c'est déjà arrivé il n'y a pas si longtemps où vraiment je serrais mon père très fort dans les bras. Et alors là, je me réveillais en pleurs, comme si j'avais pleuré toute la nuit, les yeux gonflés.
32:40
Je vivais vraiment le rêve. Au point de me réveiller en me levant, de commencer ma journée et d'être vraiment encore dans le rêve et de penser qu'à ça. C'est compliqué.
32:51
Alors dans les peuples premiers, parce que là on a parlé d'interprétation, enfin très rapidement évidemment, de Freud ou de Jung, mais dans les peuples premiers, les rêves permettent aux défunts de communiquer avec nous. Il y a les rêves aussi qui sont très spirituels.
33:08
Très spirituels.
33:09
Donc peut-être qu'il peut, je ne sais pas si vous êtes croyante, pas croyante, si vous avez une quête spirituelle ou non, ou mystique, dans les rêves il peut y avoir des messages de l'au-delà.
33:22
Oui. Donc quand vous rêvez de votre papa, alors bien sûr vous le serrez dans les bras, vous vous réveillez en larmes, mais vous pourriez le voir autrement, il peut venir vous rendre visite.
33:31
Oui, c'est possible. Et surtout, c'est quelque chose que je ressens. Alors, je ne suis pas croyante. Dans la famille, on ne l'est pas forcément. Mais c'est vrai que j'ai ce sentiment-là, oui, quand je fais des rêves très intenses, ce sentiment que mon père cherche à me dire quelque chose. C'est très perturbant.
33:49
Mais est-ce que ce n'est pas quelque chose de positif qui veut vous dire ?
33:54
Alors, justement, je ne sais pas trop...
33:57
Les débuts, c'était... Je rêvais beaucoup de... Donc au moment de son décès, il était donc tout seul dans son appartement. Ça, je sais que ça a été très dur pour moi de me dire qu'il est mort seul. Et je rêvais que de ça. Je rêvais même du fait que moi, je l'ai tué.
34:13
Enfin, ça allait loin, quoi, avec une arme... Oui, la culpabilité.
34:19
Voilà, ça tourne beaucoup autour de ça. Et là, du coup, évidemment, quand je me réveillais...
34:24
Je me disais qu'on a du mal à se dire que c'est forcément positif ce qu'ils cherchent à me dire. Ce n'est pas toujours l'histoire du vilain petit canard où il y a des rêves aussi où on se dispute beaucoup, où ils me reprochent énormément de choses.
34:40
Et c'est vrai que là, j'ai du mal à me dire, mais est-ce que...
34:45
Alors c'est peut-être une partie de vous, parce que les rêves, il y a aussi une école qui dit que à chaque fois qu'on rêve, ce sont des parties de nous qui s'expriment. Et peut-être qu'il y a cette partie de vous qui dit de vous, c'est encore une fois la culpabilité, je crois que ça tourne beaucoup autour de la culpabilité, ce rêve répétitif. Puisqu'il y a des reproches qui sont émis, est-ce que ce sont des choses que vous vous reprochez à vous-même ? Vous voyez, les rêves, ils agissent comme des miroirs émotionnels, parfois.
35:16
Alors, est-ce que ces choses-là qu'on vous reproche dans votre rêve, puisque vous vous en souvenez très bien, c'est des reproches que vous pourriez vous faire ?
35:21
Ah oui, très certainement. Oui, oui, c'est vrai que... Oui, oui, ça peut tourner autour de ça. Souvent aussi, c'est avec toute la famille où on me reproche justement dans le rêve de...
35:37
de ne pas vraiment être là, de ne pas vraiment participer, de ne pas être assez présente. Et ça, je l'ai beaucoup vécu quand j'étais petite, quand on faisait des réunions de famille où j'étais plutôt dans mon coin à observer, mais surtout à être dans mes pensées, pas forcément à écouter ce que disait la famille. Et ça, je pense que je me suis pas mal reprochée, à être toujours un petit peu dans mon monde à moi, sans être forcément... curieuse, sans poser de questions, et si bien que voilà, il y a beaucoup de...
36:12
Je passais à côté de beaucoup d'informations, de choses qui se passaient, parce que j'étais tout simplement dans mon monde, et c'est peut-être un peu cette impression de... Oui, d'avoir manqué beaucoup de choses, quoi, de...
36:27
Oui. Moi, je crois que vos rêves, en tout cas ce rêve répétitif, puisque là, votre subconscient insiste bien sur les messages, puisque vous le faites quasi toutes les nuits, c'est ça ?
36:38
Oui, c'est ça, quasi toutes les nuits.
36:41
Eh bien, si vous voyez ce rêve répétitif, non pas comme quelque chose de perturbant, mais comme un outil d'évolution... Oui. pour vous, un outil de travail thérapeutique, parce que ça l'est. De toute manière, ça l'est. Dans la vie en général, en tout cas quand on fait un travail personnel et que le rêve se réinvite, on le traite même en thérapie. Par exemple, en pratique EMDR, on va aller traiter le rêve répétitif. Comme si c'était un véritable souvenir.
37:14
Donc vous voyez, c'est un vrai indicateur. Donc au lieu de voir ça comme un ennemi, ce rêve répétitif, quelque chose qui va vous mettre mal, qui va vous angoisser, etc. Voyez-le comme un formidable outil d'évolution pour vous. Comme des portes intérieures qui s'ouvrent et non pas des portes qui vous angoissent et qui vous enferment.
37:34
Oui, même si j'ai l'impression, en me réveillant le matin, forcément que c'est...
37:39
Je me réveille beaucoup avec des angoisses, mais après coup, en réfléchissant, ça me construit ou ça m'aide à ouvrir les yeux sur certaines choses.
37:48
Oui, c'est ça.
37:49
J'avais pensé au début peut-être le deuil de mon père, justement, mal fait. J'ai des problèmes à faire le deuil vraiment, même si c'était en 2010...
38:04
J'avais pensé à ça au début, mais il y a quand même beaucoup de rêves aussi, seulement avec ma mère et mon frère, pas forcément toujours mon père.
38:10
Avec cette récurrence que vous êtes la fautive.
38:13
Voilà, pas mal, oui, beaucoup, souvent la fautive, et aussi par rapport à mon frère, celle qui sait beaucoup moins. Alors ça, il y a beaucoup eu aussi dans mon enfance et ce complexe d'affériorité. Mon frère a trois ans de plus que moi, et contrairement à moi, lui a toujours été très curieux, assez cultivé, très bon à l'école, très ouvert. Et donc ça, j'en ai beaucoup souffert.
38:39
Oui, donc vous voyez, en fait, c'est très clair parce que ces rêves sont complètement en rapport avec votre réalité, finalement.
38:46
Oui, oui.
38:48
Et peut-être que vous n'osez pas... Est-ce que vous avez du temps pour vous poser, réfléchir sur vous-même ?
38:54
qu'avant. Ah oui, beaucoup plus. Depuis que je me suis réorientée, oui, j'ai beaucoup plus le temps. Et surtout, les études que je fais me permettent de me découvrir, de réfléchir sur moi.
39:05
Moi, je crois que le cerveau est très collaboratif, toujours. Et il est extrêmement bien fait. Il ne vient jamais nous mettre des bâtons dans les roues. Il vient toujours nous protéger ou nous aiguiller.
39:21
D'ailleurs, c'est pour ça qu'il est très facile à tromper. Quand vous mangez dans une petite assiette, il a l'impression que vous avez déjà un effet de satiété, alors que vous mangez exactement la même quantité que dans une grande assiette. Si vous souriez béatement pendant dix minutes, il va vous envoyer de la sérotonine, de la dopamine et de l'hormone du plaisir, juste parce que vous souriez. Même si vous ne souriez, il n'y a rien, c'est juste le geste de sourire. Et vous voyez, là, vos rêves, ils sont extrêmement précis sur vos problématiques psychiques.
39:51
Oui, effectivement. Et sur mon passé, je rêve aussi de personnes ou de choses. J'avais complètement oublié le chat d'une copine quand j'étais à l'école primaire. Je me souvenais dans mon rêve même du prénom du chat alors que je l'avais complètement squeezé ce chat. Et il y a beaucoup de choses comme ça de personnes qui...
40:16
qui apparaissent dans mes rêves, dont je ne pensais absolument plus... Donc vous voyez, on est vraiment sur la petite enfance.
40:25
Et en fait, ce qui est un indicateur, c'est la récurrence. Parce que rêver, on rêve tous, parfois on s'en souvient, parfois pas, parfois on s'en souvient tout le temps. Mais si c'est des rêves complètement distincts, complètement psychédéliques, etc., ça a du sens, mais pas forcément. Mais vous, c'est la récurrence qui est un indicateur.
40:45
Moi, je vous invite très bien, Fanny, si ça vous pose problème, après bien sûr, on est toujours en référence interne, à aller voir quelqu'un pour aller travailler ça. Aller voir un Jungien, justement. Vous viviez dans quel pays à l'étranger ?
40:59
En Allemagne, à Munich.
41:01
D'accord. Vous pouvez facilement trouver un psy Jungien, là-bas.
41:07
Oui, vous parliez aussi de l'EMDR, ça pourrait...
41:12
Oui, ou l'EMDR, mais bien sûr, trouver un praticien EMDR qui est ouvert sur Jung, qui pourrait un peu interpréter ses rêves avec vous, mais là, toutes les pistes me paraissent, enfin, les pistes, elles sont claires. Ce qu'on appelle, nous, le plan de ciblage est très, très clair chez vous.
41:30
Il y a ce complexe d'infériorité par rapport à votre frère à traiter, il y a la culpabilité d'être reparti à l'étranger, il y a effectivement le protocole de deuil avec votre père où sur la fin du protocole de deuil on parle au défunt et on lui dit tout ce qu'on n'a pas pu lui dire.
41:47
Donc c'est très très identifié.
41:50
Et comme vous avez du temps aujourd'hui pour travailler sur vous, c'est le bon moment. C'est pour ça d'ailleurs que ces rêves se permettent de s'inviter dans votre tête de manière récurrente quasi toutes les nuits.
42:03
Oui, certainement. J'en avais parlé justement un peu avec mon frère qui m'avait dit « Pour la première fois dans ta vie, tu as enfin l'occasion de penser un peu plus à toi parce que j'ai beaucoup travaillé jusqu'à maintenant. » Et c'est certainement pour ça que je fais ces rêves. Parce qu'enfin, je peux me permettre de travailler certaines choses du passé.
42:25
Exactement. Et comme le cerveau est bien fait et vous veut du bien, il trouve le bon moment pour se manifester.
42:33
Donc, je crois que c'est... En tout cas, déjà, ce soir, cette nuit, là il est 0h53, quand vous allez dormir, voyez plutôt ces rêves, s'ils se réinvitent ce soir, cette nuit, dans votre tête, comme un outil d'évolution, un outil de travail.
42:53
C'est cadeau, hein ? Ce n'est pas une punition.
42:56
C'est ça, même si on a l'impression de...
43:00
Au moment du rêve, l'histoire du rêve fait que je suis toujours le vilain petit canard, comme je disais au début. Après coup, oui, ça permet de travailler certaines choses de manière positive, d'avancer.
43:16
Et peut-être même que ce soir, parce que vous en avez parlé sur l'antenne d'Europe 1 ce soir, enfin on s'est parlé en tout cas, peut-être que ça va même faire en sorte que vous ne rêviez pas cette nuit ?
43:29
De ça. Parce que vous aurez libéré la parole, vous avez osé mettre des mots dessus, Fanny. Oui. Voyez, on a Jen qui nous envoie un message au 73921 et qui dit « Je rêvais tout le temps que je volais par-dessus les maisons. À partir du moment où je l'ai raconté à ma psy de l'époque, je n'ai plus jamais fait ce rêve.
43:48
» Ah oui. Oui, c'est vrai que c'est marrant. qui disent ça, parce que ça m'arrive très souvent aussi, d'avoir la capacité de voler au-dessus des maisons, je connais très bien.
44:02
Ah voilà, donc vous voyez peut-être le fait d'oser en parler ce soir, parce que vous n'en parlez qu'à votre mari j'imagine, non ?
44:09
Oui, surtout à lui.
44:11
Et peut-être à votre frère, parce que vous avez l'air proche ?
44:14
Un petit peu, mais c'est vrai que concernant le Le complexe d'infériorité, c'est plus difficile avec mon frère directement.
44:23
C'est ça. Donc vous voyez, je pense que vraiment ça va se calmer très rapidement. Très rapidement. Et puis ça va vous libérer de toute façon. Vraiment ça va vous libérer.
44:34
Oui, déjà ce soir-là, ça fait du bien d'en parler.
44:39
Ça fait du bien, voilà, vous voyez, c'est toujours la même chose. Merci beaucoup Fanny d'être intervenue ce soir sur l'antenne de repas. Tenez-nous au courant, s'il vous plaît, un petit message juste pour nous dire une fois que vous aurez commencé le travail sur les rêves, ça c'est très intéressant. Même vous pouvez nous rappeler, on vous prendra à l'antenne si vous le souhaitez, parce qu'on parle assez peu du langage des rêves et c'est très intéressant de savoir comment ça évolue.
45:02
N'hésitez pas.
45:05
Merci à vous, Fanny. Au revoir.
45:19
Valérie Darmont. Bonsoir et bienvenue dans les meilleurs moments et sans doute les moments les plus forts de la libre antenne de cette semaine. N'hésitez pas tout de même à composer le 01 80 20 39 21 01 80 20 39 21 numéro non surtaxé de notre standard et vous pouvez aussi nous écrire pour réagir à ce que vous entendez à l'antenne au 7 39 21 75 centimes plus coût du SMS. Bonne émission. Europe 1 la libre antenne Bonsoir Marie, merci d'être avec nous ce soir sur l'antenne d'Europe 1.
45:56
Oui, bonsoir. Je ne vais pas rester très très longtemps, mais je ne sais pas forcément par quel bout prendre mon histoire, mais je vais essayer d'être très directe dans le sens où moi j'ai 60 ans. Cela fait 28 ans maintenant que je pense quotidiennement à l'enfant dont j'ai arrêté la vie.
46:21
ayant deux enfants on était avec mon mari en femme en parfaite condition pour accueillir un troisième et on était en vacances moi j'étais à la fois très heureuse parce que j'ai toujours voulu avoir plusieurs enfants et je me suis retrouvée face à mon mari qui m'a dit un nom définitif J'ai consulté pendant deux ans, j'ai arrêté à mon avis à tort, mais pour essayer de me sortir de cette tristesse ou désespoir qui me suit depuis 28 ans, que j'ai très peu partagé à part avec une ou deux amies.
47:12
Mais, si vous voulez, mon appel ce soir, c'est plus pour dire, je ne sais pas, aux jeunes filles, aux mamans, voilà, qui ont ce choix à faire, de leur dire absolument, mais réfléchissez, réfléchissez, réfléchissez. Moi, si vous voulez, je n'ai pas, je pense, alors après, des fois, je me dis, est-ce que je veux, est-ce que je cherche à me déresponsabiliser, j'en sais rien ? Bon, je suis quelqu'un de croyant. Donc ça a été d'autant plus difficile. Bien sûr, bien sûr.
47:44
J'ai fait la bêtise au bout de 15 ans après ça. J'avais gardé l'échographie, si vous voulez, comme une photo d'un de mes enfants. Et un jour, la douleur était tellement, tellement, tellement, tellement difficile.
48:03
J'ai pensé plusieurs fois à le rejoindre, à rejoindre cet enfant.
48:10
Alors que vous aviez les deux autres.
48:14
Oui, tout à fait. Parce que je trouve ça tellement injuste qu'il y en ait un qui n'ait pas eu le droit à mon amour, à mes bras, voilà. Donc après, ce qui me ronge depuis 28 ans, c'est de me dire que je suis quelqu'un de volontaire, je suis quelqu'un d'engagé, mais comment j'ai pu... Vous vous êtes laissée faire par votre époux. Oui, alors je pense que c'est... Alors, j'avais tellement peur, tellement... Enfin, je crois que sur le coup, de toute façon, alors c'est facile de dire ça peut-être, mais je pense que j'ai vécu ce qu'on appelle une sidération...
48:50
parce qu'en fait, c'était tellement loin de mes valeurs, tellement loin, moi, jamais j'aurais pensé que mon mari me demande ça, que je me suis dit, très bêtement, je pense, je ne sais pas, est-ce que c'est de la sidération, est-ce que c'est de l'emprise, je pense qu'à différents niveaux, j'ai été pendant longtemps, je suis en train de réagir sous l'emprise de mon mari, et si vous voulez, comme une espèce de sacrifice, moi, je me suis dit...
49:20
Bon, je suis quelqu'un de fort, je suis quelqu'un, ce qui est pour vrai, mais à l'époque, j'ai beaucoup, beaucoup, beaucoup d'énergie, un peu trop souvent. Et je me suis dit, bon, j'avais tellement peur que cet enfant ne soit pas aimé par son père. Je me suis dit, mais comment je vais faire ? Comment je vais faire si c'est un enfant qui n'est pas aimé ? Je me souviens...
49:42
C'est ça qui vous a traversé l'esprit ?
49:44
Ah oui, oui, complètement. Je me suis dit, mais comment je vais faire ?
49:49
Voilà, si cet enfant... Pour lui, c'était un questionnement énorme pour moi. Et je me suis dit, prends ça sur tes épaules, tu vas...
50:02
tu le traumatises, tu le prends pour toi, et puis t'es forte, et tu vas y arriver, et puis un jour, tu le rejoindras.
50:09
Voilà. Allez-y, pardonnez-moi, je vous interromps.
50:12
Non, non, ce que je veux dire, c'est que je ne pensais pas du tout, je suis une auditrice d'Europe 1 fidèle, mais jamais j'aurais pensé, voilà, vous appelez. Je le fais, je ne le fais pas pour moi, c'est même, je trouve ça presque, pour moi, indécent, mais par contre...
50:30
Je n'ai de cesse de dire autour de moi... C'est effectivement... Madame Veil l'avait dit quand elle a commencé son discours à l'Assemblée pour défendre l'IVG. Elle avait dit « Aucune femme n'avorte par... » Je ne sais plus exactement l'expression, mais mon Dieu, ce que c'est traumatisant. Et moi, je vais porter ça toute ma vie.
50:57
Il se trouve que moi, j'ai ma fille aînée qui attend un enfant, qui m'a annoncé ça en 11 semaines, il y a très peu de temps. Et si vous voulez, en plus, bien sûr, ça a réveillé, j'ai envie de vous dire que ça n'a jamais été éteint chez moi loin de là. Mais voilà, moi je me souviens avoir avorté à 10 semaines et demie. Et si vous voulez, à l'époque...
51:20
En plus, mon mari a refusé, bien évidemment, d'entendre le cœur, de voir l'échographie. Moi, j'ai entendu, j'ai vu tout ça. Mais mon mari n'a pas du tout voulu...
51:31
Il vous a accompagné ?
51:33
Non, non, pas du tout.
51:35
Il vous a laissé vous débrouiller ? Il a juste posé un interdit ? Et ensuite, il vous a laissé gérer ?
51:44
Un interdit, c'était un...
51:46
je ne dirais pas un interdit. C'était que lui, c'était non. C'était non. Je n'ai pas envie de... Je ne veux pas de troisième. Et ce qui a été beaucoup plus dur, c'est après, ça relève effectivement de la psychanalyse. Mais moi, j'ai surtout un mari qui régulièrement m'a fait croire. Alors, je m'en...
52:07
Je commence seulement depuis quelques années à comprendre que non, ce n'était pas moi, mais il a essayé de me faire croire pendant des années que, de toute façon, je n'étais pas capable d'élever un troisième. Alors que, bon, je ne pourrais pas que les gens complètement me reconnaissent. Mes enfants ont brillamment, de façon très différente, mais ont brillamment réussi.
52:29
Voilà, mais mon mari, voilà, un moment, plusieurs fois, parce que j'ai essayé, on a plus de 30 ans de mariage, j'ai essayé plusieurs fois, encore récemment, de lui faire part de ce traumatisme et très récemment de lui dire à quel point, pour essayer de continuer à vivre, je lui ai dit « mais moi, j'aurais juste eu besoin que tu me prennes dans tes bras en me disant « oui, on a fait une énorme connerie ensemble » Et on n'aurait jamais dû, mais je comprends ta douleur, je comprends... Et il y a un mari qui m'a traité de menteuse et de personne toxique, que je mentais en disant ça.
53:08
Donc bon, voilà.
53:09
Il n'a absolument pas accueilli vos blessures, votre ressenti.
53:15
Est-ce que tout au long de ces années, Marie, vous lui en avez voulu ? Je porte ma croix. Je porte ma croix. Mais bon, après, je se pose là maintenant la question. Effectivement, moi, dans quelques années, je suis à la retraite. Je me dis, bon, nos chemins vont se séparer. Je ne sais pas comment on va pouvoir vivre éternellement. Ou alors, j'en discute un petit peu de temps en temps avec une amie ou un peu avec ma soeur. Enfin, non, ma soeur n'est pas au courant de l'aventement. Mais par rapport déjà à ce que mon mari, des femmes, elle a bien compris qu'il y avait une difficulté.
53:49
Et moi, je me dis...
53:51
comment dirais-je, que j'ai pas de chemin, c'est soit effectivement un peu de façon, comment dirais-je, Le fait de ne pas condamner, aidez-moi. Le fait de, bon, c'est ma vie, j'avais qu'à ne pas faire ça. Et si vous voulez, pour sauvegarder un petit peu quand même une famille, eh bien, tant pis.
54:15
Vous flagellez, c'est ça que vous voulez nous dire ?
54:18
Vous auto-punissez ? Oui, quelque part, oui.
54:23
Oui, parce que quoi que je fasse, la charge émotionnelle sera toujours là. Encore une fois, je vous téléphone pour que les personnes qui sont dans cette situation réfléchissent bien avant d'agir. Je me souviens par contre d'une chose...
54:50
Je me suis posé la question chronologiquement. Comment ça se fait ? Pourquoi tu n'as pas pris tes enfants au moins sous le bras ?
54:59
Moi, j'ai des parents fantastiques. Pourquoi je ne leur en ai pas parlé ? Pourquoi j'étais dans cette...
55:05
oui dans cette sidération là pourquoi je me suis enfermée surtout Marie vous ne vous êtes pas dit finalement on a déjà deux enfants on a une vie plutôt confortable je vais le garder quand même même s'il n'est pas d'accord puisque vous l'avez fait à deux et une fois que le bébé arrive au monde de toute façon il va craquer ça ça ne vous a pas traversé l'esprit
55:32
Ben non, parce que je pense que déjà peut-être à l'époque, notre couple n'était pas si sereine que ça. Et du coup, je l'ai cru capable, effectivement, de ne pas... De se désintéresser de cet enfant-là.
55:51
Oui, oui.
55:52
Et c'est un bon père, sinon, votre époux ?
55:56
Oui, oui, rien de... C'est plus un père-copain que... C'est plus un père-copain. Après, moi, comme beaucoup de mamans, je pense que j'ai fait beaucoup plus pour mes enfants que leur père. Après, il est aimant. Oui, oui, tout à fait.
56:12
On a Valérie au 73921 qui dit « Mon mari m'a obligé à subir un avortement il y a 39 ans. J'étais sous emprise, comme vous, dit-elle. Je pense très souvent à cette vie que j'ai gâchée. Je porte ça sur mes épaules différemment. Bon courage. » Et oui, voilà. Ces avortements qui laissent des marques. Vraiment des marques. Et là, en l'occurrence, vous n'avez rien choisi, Marie. Vous avez juste subi la décision de votre époux.
56:42
Après, c'est cette question-là. Moi qui disserte souvent sur le libre-arbitre, comment j'ai pu accepter ça et me dire « Très bien, tu porteras ça, parce que c'était ça, tu porteras ça toute ta vie sur tes épaules. » D'ailleurs, quand je suis rentrée le soir de l'avortement, la première chose que j'ai dit à mon mari, « Cet acte-là, un jour, nous séparera, ce n'est pas possible. » Et voilà, c'est ce que... Bon, mais après...
57:12
Voilà, mais... Je voulais aussi dire une chose. Enfin, je me souviens très bien, quand mon mari m'a... On était dans le sud, quand il m'a dit, ben non, je ne veux pas d'un troisième enfant. Bon, il m'a demandé de téléphoner à notre... Comment on appelle ça ? Excusez-moi. Oh, je suis ému. Chimico ? Excusez-moi, le médecin. Oui, voilà. Oui, obstétricien. Voilà, obstétricien.
57:37
Donc c'est moi qui téléphonais comme un robot. C'est dingue parce que j'ai dû faire tout ça très vite. Et je me souviens très bien, déjà franchement dans le désespoir, j'ai téléphoné à une sage-femme qui m'avait accompagnée lors de mes deux premières grossesses. C'était pour moi quelqu'un en qui vraiment j'avais une confiance énorme. Et j'ai réussi à l'avoir au téléphone, mais vraiment pour moi c'était le... C'était l'appel de l'espoir et je lui confie que mon mari ne veut pas de troisième enfant.
58:12
Et là, je n'en reviens pas. J'ai au téléphone une personne qui me dit « mais enfin, ce n'est pas grave du tout, tu en auras un troisième plus tard, il y a plein de femmes qui abortent ».
58:26
Et on est dans la banalisation de l'acte, oui.
58:30
Et là, je vous assure, je me souviens physiquement du sentiment, du ressenti. Complètement, physiquement, effondré de l'intérieur. J'ai dit, mais ce n'est pas possible. Et comme je vous avoue que j'ai toujours été un petit peu quelqu'un de particulier dans mon parcours scolaire, un peu atypique, je me suis dit, en fait, c'est complètement à côté de la plaque. Vous voyez ce que je veux dire ?
58:59
C'est comme mon mari qui, il y a quelques années, m'a dit « mais ça suffit de ressasser ça, il y a plein de femmes qui ont avorté, pourquoi tu ramènes toujours ça ? Tu ressasses et ça ne sert à rien. »
59:14
Donc ça rajoute des couches de culpabilité à chaque fois, c'est toujours de votre faute en fait. Vous n'êtes pas assez, ou vous êtes à côté de la plaque, ou vous ruminez, mais à aucun moment vous êtes accueilli. La thérapie ne vous a pas aidé à faire le deuil tout de même, à accepter la situation et à sortir de cette culpabilité, et peut-être de la honte associée, parce que très souvent on a honte aussi. C'est quelque chose qu'on n'ose pas dire.
59:41
Alors...
59:45
Moi, j'ai beaucoup réfléchi, écrit pour essayer de mettre de l'ordre dans mon ressenti. Honnêtement, c'est pas de la honte. C'est pas de la honte, c'est un regrettement et une incompréhension par rapport à qui je suis. Enfin, je...
60:00
par rapport à ce que je laisse voir de moi, je me dis comment ça se fait ? Alors après, de plus en plus, je pense qu'effectivement, il y a une relation qui est quand même sous l'emprise depuis le départ, pour plein de raisons, et ce serait peut-être là-dedans qu'il faudrait que je cherche pourquoi je me laisse...
60:24
un peu manipulé un peu influencé vous dites bien l'assidération vous le dites l'état de figement vous le dites il vous dit un nom définitif tout à l'heure vous l'avez même dit avec un ton assez affirmé comme si vous mimiez votre mari Et comme si c'est la parole qui est la parole d'évangile, si je puis dire. C'est comme ça et ce ne sera pas autrement. C'est un coup près qui tombe et vous n'avez pas d'autre solution que de vous soumettre, que de plier, en fait.
60:57
Et je mets, bon, peut-être terminer par ça, mais je mets en parallèle une autre thématique, mais je pense que pas mal de femmes, pas mal de femmes, comment dirais-je, d'épouses, peut-être, comprendront.
61:10
Quand on parle actuellement, c'est un mot qui est, entre guillemets, relativement nouveau, le fameux consentement. C'est qu'en plus, moi, dans mon parcours intime avec mon mari, moi, souvent, souvent, j'ai été confrontée à...
61:25
Non consentement. Et du coup, je n'arrive pas à me souvenir, mais pas dans le cas, plus ou moins, je n'arrive pas à me souvenir quand on a conçu cet ensemble, mais dans la mesure où moi, j'étais souvent dans cette situation-là. Et ça aussi, je trouve que c'est une thématique... dont il faudrait vraiment oser parler maintenant. Au sein du couple.
61:54
Le sujet du consentement au sein du couple, comme je l'ai dit tout à l'heure, si les auditeurs et les auditrices veulent intervenir sur ce sujet, qu'ils n'hésitent pas à nous appeler ce soir. ou laisser leur numéro de téléphone par SMS au 73921 et on les rappellera pour une prochaine émission. On a d'autres témoignages au 73921 qui vont dans votre sens, Marie. Une auditrice qui dit « J'ai vécu exactement la même chose que cette auditrice. Mon mari ne voulait pas d'autres enfants. Il m'a abandonné. Il a refait un enfant avec une autre alors qu'il m'a fait avorter.
62:27
40 ans après, j'ai la haine. » Et j'ai honte, je ne peux plus me regarder dans une glace de puits.
62:34
On se rend compte à quel point ces blessures sont profondes. 39 ans pour Valérie tout à l'heure. Vous, 28 ans. Là, on a 40 ans plus tard. C'est énorme.
62:48
Pour terminer peut-être sur une note positive, c'est que voilà...
62:56
C'est justement, bon, moi j'ai deux enfants, mais c'est justement la beauté d'être femme, ce sens de la vie, on l'a, mais elle est ancrée en nous, à tel point que quand on la supprime, Et bien voilà, ça nous marque.
63:14
Ça nous marque à vie, exactement. Dans l'autre sens également. On a un autre message d'une autre auditrice au 73921 qui dit « Bien sûr qu'un avortement imposé par le conjoint, tout comme un avortement empêché par le conjoint, est une situation de domination par un être narcissique qui pense tout contrôler, même l'utérus de sa femme. Résister ou fuir, c'est ça la question. » C'est extrêmement bien vu de la part de cet auditeur ou de cette auditrice qui ne signe pas son message.
63:46
C'est-à-dire que vraiment, l'autre, là en l'occurrence nous évoquons évidemment les maris, sont dans leur toute puissance.
63:57
Et dans le cadre de la psychologie, parce que mon mari nous a demandé, parce que bon, on a... Du coup, bien sûr, plein de problèmes de couple. Et moi, on a quand même consulté il y a un an maintenant. Et figurez-vous, rien que d'en parler, on a dû faire une dizaine de séances. Si vous savez, comme j'ai bataillé, pourtant c'était une femme qui était une psychologue... J'ai essayé deux, trois fois de mettre cette thématique de l'avortement, et à chaque fois, alors c'était, on en a déjà parlé, on en a déjà parlé, je m'attendais, mais moi j'ai pas dit le dixième de ce que je voulais dire, mon ressenti il est encore plein de mots, il faut que je l'envoie, pardon, hop, Et ben non, on en a parlé, allez, hop, circuler, rien à voir.
64:51
J'étais là aussi, mais je me dis, mais est-ce que c'est moi qui en demande trop ? Je suis quelqu'un d'extrêmement sensible, vous l'avez peut-être senti, mais néanmoins quand même, voilà, je...
65:03
J'avoue que... Vous vous respectez surtout. Et s'il vous faut des années pour en parler, vous prendrez les années dont vous avez besoin pour accepter.
65:15
Et par rapport à ce que vous avez... Un moment, il me semble que vous avez abordé ce sujet-là. Je crois que c'est celle qui a participé et qui proposait justement des associations. Un moment, juste avant, je crois qu'elle a parlé de la fratrie.
65:32
Autant, je vous avoue, pour ma fille aînée, je pense que ça n'a jamais été un problème. Autant, je pense, pour mon fils, qui a choisi une voie... Je ne peux pas vous dire la voie parce que ce serait trop difficile.
65:46
Trop en dire.
65:47
Oui, trop en dire. Mais une voie très, très, très engagée et dangereuse. Et je me suis toujours demandé si...
65:58
Parce qu'en termes de personnalité, il est plus proche de moi que de ma fille, qui ressemble un peu plus à son papa. Et moi, je me demande à quel point, quelque part, inconsciemment, il n'a pas perçu, si vous voulez, ma détresse, et quelque part, s'il ne s'a pas un peu déterminé, on va dire, orienté certains moments de sa vie. Et ça aussi, c'est très culpabilisant pour moi, ce que je me dis, mais...
66:25
De toute façon, les enfants sont des éponges. Donc, si à partir du moment où vous êtes à ce point impacté par un événement de couple...
66:33
Je n'ai jamais pu leur en parler.
66:35
Parce que lorsqu'on a fait ça, j'ai fait jurer à mon mari pour ne surtout pas traumatiser mes enfants. Et je crois que c'est la plus belle bêtise que j'ai faite. Parce qu'en plus, maintenant, j'ai cette promesse sur le dos...
66:48
Mais vous pouvez vous en défaire. D'ailleurs, si un jour, vos enfants font une thérapie, la psy ou le psy va forcément poser la question d'IVG ou non dans la famille, fausse couche ou non dans la famille. La famille est un système. Donc, de toute façon, la question sera posée. Et ils vous la poseront.
67:07
Ah, je ne vous entends plus, Marie. Ah oui, allez. Pardon, pardon. En plus de ça, c'est 4 choses couches.
67:14
Ah oui, donc vous voyez, tous ces sujets seront abordés parce que c'est ce que je dis très souvent sur la Libre Antenne. On parle énormément de transgénérationnel. D'ailleurs, on a consacré une émission spéciale au transgénérationnel. On n'échappe pas à son histoire. Pour savoir où on va, il faut savoir d'où l'on vient.
67:31
L'année dernière, j'étais tellement, tellement mal que je suis vraiment, de façon tout à fait spontanée, je suis partie sur les chemins de Compostelle. Et là, j'ai rencontré une jeune femme qui avait aussi vécu, mais a priori, de façon volontaire.
67:48
Et ça peut être aussi une idée. Je pense que je vais...
67:54
dirigé vers cet endroit-là. Il paraît qu'à la Sainte d'Aume.
67:57
Ah oui, à côté d'Aix-en-Provence. La grotte de Marie-Madeleine. Et oui, magnifique.
68:04
Et apparemment, il paraît qu'il y a un endroit, elle m'a proposé d'accompagner, où, comme l'a dit votre précédente, la personne qui a intervenu, apparemment, on dépose quelque chose. Il y a un exoto, entre guillemets, de l'enfant qu'on a laissé partir.
68:26
À la fois, j'ai peur d'y aller parce que j'ai peur de ne pas revenir et de m'effondrer à un point, que ce soit vraiment tellement marquant. Mais d'un autre côté, je me dis, il faut peut-être que j'essaye...
68:38
d'apaiser ça, le fait de donner un nom, par exemple. Par contre, ce qui est fou, c'est qu'à ce point, j'ai perdu mon papa il y a deux ans, alors maintenant, j'ai constamment deux ans, je vous assure, c'est impressionnant. Cet enfant, il est constamment avec moi, c'est un truc de fou !
69:04
Je ne sais pas ce qu'il me fait, s'il m'aide, mais en tout cas, j'ai vraiment...
69:09
En tout cas, il n'y a pas de hasard pour que ce soir, vous interveniez sur l'antenne d'Europe 1.
69:14
C'est surtout ça. C'est surtout ça que j'entends. J'étais en train de bricoler très terminement et je vous écoutais. J'écoute rarement de temps en temps notre émission, mais c'est souvent tard. Et voilà, c'est ce que je me suis dit. C'est pour ça que je vous ai appelé, je lui ai dit mais il n'y a pas de hasard.
69:32
Et voilà, c'est Dieu qui voyage incognito. On a Françoise qui vient de composer le 0180203921 et qui voudrait interagir avec nous. Bonsoir Françoise.
69:42
Oui, bonsoir.
69:45
Écoutez, oui, je voulais proposer une autre voie, mais vous venez justement, ma chère madame, je vous appelle ma chère madame, parce que je ne prenais pas votre prénom. Marie, voilà, vous venez justement d'en parler. Je me permets de vous dire ça, d'autant plus que vous avez dit que vous étiez croyante.
70:08
Il existe dans le monde des chrétiens et même des catholiques, on va dire, ce qu'on appelle le chemin de consolation, qui s'adresse aux personnes qui n'ont pu accueillir les enfants qu'elles avaient conçus, quelles qu'en soient les raisons, que ce soit fausse couche, avortement, interruption médicale de grossesse, grossesse extra-utérine, etc., Et donc, vous avez parlé, si je peux me permettre, que vous avez eu plusieurs fausses couches et puis cet avortement qui vous brise le cœur.
70:42
Eh bien, ces chemins de consolation sont dans plusieurs paroisses en France et vous en avez cité plusieurs.
70:49
qui est le chemin de la Sainte-Baume dans le sud de la France, à côté de Marseille. Mais vous en avez, selon là où vous habitez, vous en avez un autre précisément au sanctuaire de Montlijon qui est dans l'Orne et qui est un sanctuaire vraiment pour tout ce qui est réservé aux problèmes de deuil, aux personnes qui ont beaucoup de mal à faire leur deuil et qui est dirigé par la communauté Saint-Martin. Et vous avez là un chemin de consolation et vous en avez un autre en Bretagne, à côté, tout près de là où je suis d'ailleurs, à côté de Rennes, au sanctuaire de Notre-Dame de la Peignière.
71:28
Et il me semble, Marie, que dans tout ce que vous avez dit, il me semble que aussi bien envers votre époux, dont je ne veux pas remettre en cause la domination éventuelle, mais qu'envers ces petits êtres dans vos fausses couches ou dans cet avortement, il me semble que ce qui vous manque beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, c'est du pardon. Et c'est du pardon envers vous-même. Et ça serait très, très bien que dans ces chemins de consolation, justement, vous vous écrouliez.
72:00
Parce que je pense que justement, vous avez besoin de vous écrouler et de vous pardonner vraiment à vous-même. Ces actes que vous n'avez pas pu faire autrement à cet instant-là. Mais ce qui est passé est passé, vous n'allez pas pouvoir y revenir, mais le Seigneur va vous donner toute sa miséricorde et après c'est terminé. C'est-à-dire qu'on est complètement guéri par la miséricorde du Seigneur. Et vos enfants, bien sûr, qu'ils en auraient besoin. Vous savez, cette promesse, elle est juste pour vous faire du mal.
72:33
de ne jamais en parler alors que nous avons vraiment besoin d'en parler. C'est comme lorsque dans les familles, il y a un petit enfant qui est mort et que des parents veulent se retenir d'en parler à la fratrie alors que tout le monde a besoin d'en parler parce que tout le monde le sait consciemment. Je vous conseillerais, si j'étais à votre place, de prendre ces chemins-là, qui s'appellent ces chemins de consolation et qui vivent par eux-mêmes. Et qui portent bien leur nom.
73:05
Mais bien sûr, et vous avez là des prêtres qui sont vraiment formés à ça, notamment au sanctuaire de Mont-Légion ou à la Sainte-Beaume à Marseille. À la Sainte-Beaume, ce sont des Dominicains. à côté de Marseille. Et c'est en haut de la grotte, c'est quand on monte à la grotte de Marie-Madeleine. Et vous avez tout ce chemin de consolation. C'est un petit parcours où il y a des parcours d'évangiles. C'est une heure de marche pour aller jusqu'au massif de la Saint-Bôme. Pas de soucis, je suis en Rhône-Alain. Mais voilà.
73:38
Je vous interromps un instant, mesdames, parce qu'on a aussi une auditrice qui s'appelle Isabelle, qui nous dit d'ailleurs qu'au Japon, on dépose aussi, vous parliez tout à l'heure d'un ex-voto pour les petites âmes décédées, Marie. Isabelle qui nous dit au Japon, on dépose un tissu sur une poupée pour lui tenir chaud. Elle dit que ça lui a fait du bien, parce que ça la concerne également. C'est la conversation que nous avons évidemment ce soir sur l'antenne d'Europe 1. Et donc ces petites poupées sont installées dans un temple dédié à ces petites âmes.
74:06
Et oui, parce que ces petites âmes, vous leur donnerez un prénom dans ces ex-votos qui font partie du chemin de consolation. Et ils sont à côté de la Sainte Vierge et sous sa protection.
74:19
Si je peux me permettre, je ne sais pas si cette dame qui parle, parce qu'il est possible que mon...
74:27
Qu'un jour j'aille peut-être au Japon, mon mari connaît professionnellement et très très bien le Japon et je me dis pourquoi pas comme ça dans une idée en vous entendant, que peut-être qu'un jour en allant au Japon, en faisant ce geste devant lui, peut-être que ça pourrait lui permettre de...
74:46
de prendre la mesure peut-être, mais faites-le pour vous surtout faites-le surtout pour vous Marie mais aussi pour votre couple parce que comment vous dire, ce serait dommageable me semble-t-il si je peux me permettre, qu'après des fausses couches et après un avortement ce soit encore un autre drame qui arrive, c'est-à-dire une séparation de couple parce que peut-être bien que votre il y a peut-être là aussi un chemin à faire
75:15
l'un vers l'autre pour comprendre pourquoi peut-être votre mari n'a pas pu dire autrement ce jour-là parce qu'il a ses raisons lui aussi tout ça sont des chemins de pardon les uns vers les autres et de compréhension et on a aussi l'auditrice qui pose cette question au 7 39 21 Marie et des questions importantes à aborder si vous êtes en couple aujourd'hui et Marie a composé le 01 80 20 39 21 justement pour alerter sur ce traumatisme qu'est l'IVG pour les personnes qui nous écoutent et cette auditrice qui dit mais Marie vous n'aviez jamais discuté de ces situations fondamentales quand vous avez décidé de vivre avec votre conjoint et de faire des petits avec lui
75:59
Eh bien, peut-être que non.
76:01
Parce que jamais j'aurais pensé... Jamais. Franchement, non. En aucun cas, on a eu les deux premiers. Il était heureux. Moi, ça m'est tombé dessus. J'ai été sidérée. Je ne peux pas vous dire autrement. Vous ne pouviez pas imaginer qu'il réagisse comme ça un jour, finalement. Surtout que lui vient d'une famille nombreuse, quatre.
76:28
Moi, malheureusement, j'ai une grande sœur, mais elle a perdu son jumeau. Donc, quelque chose de très, à mon avis, de très traumatisant pour notre famille. Donc, moi, j'ai toujours voulu avoir plusieurs enfants. Trois m'auraient très, très bien convenu. Et voilà, pour moi, c'est pour moi une famille complète. C'est comme ça, ces trois enfants.
76:51
Mais je...
76:53
Voilà, non, mais vous avez raison, j'ai sûrement pas suffisamment parlé avec mon mari en amont de la famille qu'on allait construire, ça, sûrement, sûrement.
77:03
C'est une auditrice au 73921 qui suggère cette question en disant...
77:07
Elle a tout à fait raison, et je n'ai eu de fesse, moi, de prévenir ma fille en disant, surtout, surtout, surtout, voilà, posez-vous les questions...
77:16
Avant de vous engager, avant surtout de faire des enfants, voilà, posez-vous les questions de la religion.
77:22
Communiquer, c'est comme un, c'est communion. Communication, c'est communion.
77:29
D'abord, j'ai mon mari qui n'est pas croyant. Donc, c'est aussi une situation très difficile à vivre.
77:35
Là, c'est un gros, gros clivage parce qu'effectivement, le prisme n'est pas du tout le même.
77:41
Mais avec de mon côté, je pense une espèce de... Finalement, je me dis de temps en temps avoir une foi qui n'est pas suffisamment construite. Mais à côté de ça, je pense que j'ai une espérance énorme.
77:53
Je dis d'espérance, mais au sens chrétien du terme, et je pense que j'ai tout misé là-dessus en disant, en pensant, en pensant que, en ayant très très confiance finalement, je crois, en Dieu, en disant ça va avancer dans le bon sens, et puis...
78:09
Et je reste dans l'espérance.
78:11
Mais peut-être, parce que comme le dit Françoise, maintenant c'est un chemin de pardon et de compréhension. Là, comme le dit l'auditrice Isabelle qui a suggéré le temple au Japon, elle dit qu'elle a fait seule cette démarche au Japon, mais elle dit qu'avec votre mari, peut-être que cela réparera quelque chose. En tout cas, moi je pense que ça peut délier les langues, et ça c'est important. Peut-être qu'il peut vous voir autrement quand vous ferez ce rituel.
78:39
Et rassembler les cœurs, voilà, exactement. Et cette auditrice qui dit qu'elle aussi, elle a été sidérée à cette époque. Bon, elle, elle a divorcé et qu'elle espère que ce sera différent pour vous.
78:52
Effectivement. Très bien, très très bien. Moi, vraiment, je tiens à vous remercier. C'est Valérie, votre prénom, déjà. Oui, tout à fait. Parce que je trouve que le temps que vous avez est extrêmement accueillant. Merci beaucoup. Et surtout ces femmes, voilà. C'est important, là, pour le coup...
79:08
Leur rapport est positif pour moi et je vais...
79:12
je vais d'abord bien dormir et penser à tout ça tranquillement dans les prochains jours et je pense que si ça peut être je ne regrette pas de vous avoir appelé en tout cas écoutez merci beaucoup ça nous fait très très plaisir sur Europe 1 on est là pour ça c'est une émission de solidarité et surtout on a osé aborder ce sujet qu'on n'aborde que trop peu comme je le disais tout à l'heure aussi c'est même de la sororité entre femmes Voilà, là c'est dans le même sens en tous les cas.
79:47
Donc Marie, évidemment je vous souhaite un bon pèlerinage à la Sainte-Baume parce qu'en plus le lieu est juste extraordinaire.
79:55
Je ne connais pas. Mes grands-parents habitaient juste presque en dessous, mais je ne suis jamais montée.
80:01
Ils étaient dans le Var. C'est un lieu qui m'appelle, là.
80:05
Ça se mérite un peu, mais comme toutes les grandes choses, ça se mérite, en fait.
80:08
Absolument. Jolie randonnée en perspective.
80:11
Exactement, et de jolies prières à l'arrivée. Françoise, un grand, grand merci aussi d'avoir composé le 01 80 20 39 21 ce soir pour parler de ce sujet.
80:22
Je vous en prie et je souhaite à Marie tout un chemin de compréhension, de réconciliation, de pardon et de consolation. Et d'amour. Merci.
80:33
Merci à toutes deux. Merci beaucoup.
80:36
Au revoir. Bonne bonne chose à vous toutes.
80:37
Au revoir.
80:52
Bonjour, c'est Marie-Estelle Dupont sur Europe 1. Et si on en parlait ? L'été est une période propice aux retrouvailles dans le couple, pour le meilleur et pour le pire. Cette semaine, avec Romain Desarbres, nous consacrerons toutes nos émissions au couple et ses différentes facettes. Attachement, départ des enfants, argent, tous les couples relèvent de multiples défis.
81:09
Et si on en parlait ?
81:10
Semaine spéciale consacrée aux relations de couple, toute la semaine, de 15h à 16h, sur Europe 1.
81:17
Une petite pièce, s'il vous plaît, pour manger.
81:20
Votre combat peut transformer ma vie.
81:22
Arrête ! Arrête, tu me fais mal !
81:23
Votre combat peut transformer ma vie.
81:25
Maman, j'ai faim.
81:29
Votre combat peut transformer ma vie.
81:31
Votre combat peut aider les plus fragiles. En léguant à l'armée du salut, vous contribuez à transformer leur vie. Leg, donations, assurance vie. Contactez l'armée du salut au 0805 624 624. 0805 624 624.
81:47
La Libre Antenne.
81:48
Sana Blanger, sur Europe 1. Bonsoir Agnès. Bonsoir Sana. Bienvenue à La Libre Antenne.
81:56
Merci, écoutez, je suis ravie de vous parler, parce que je vous connais, parce que je vous ai entendue un certain été d'ailleurs.
82:02
Oui, et je reviens.
82:03
Ah, vous connaissez cet été, super. Et je vous avais parlé, je ne sais plus de quoi à l'époque, peu importe. Il y a peut-être un an ou deux quand même déjà, non ?
82:12
Alors, si vous me rappelez, si vous me remettez dans le contexte, je vous dirai Agnès.
82:19
Oui, d'accord. Non, je ne sais plus, franchement, mais ce n'est pas important. Je vous appelle ce soir, chère Sana, par rapport au témoignage de Marie, qui m'a beaucoup touchée parce que j'ai vécu la même chose. Mais ce que je vais faire, c'est que je vais commencer par l'histoire d'amour au début.
82:34
Bien sûr ! Alors juste pour remettre le contexte, des auditeurs qui nous auraient rejoints, Marie est notre première auditrice qui nous a parlé en fait de sa relation, malheureusement qui s'est terminée parce qu'il y avait de l'alcool, donc elle était avec quelqu'un qui souffrait d'addiction et c'était donc de l'alcoolisme et elle n'a pas eu le choix.
82:57
Ça a été mon cas, ça n'a.
83:02
Et c'est ce que je voulais vous raconter, mais je vais commencer par le début parce qu'il est beau. J'ai un petit peu de temps quand même encore.
83:07
On a un peu de temps.
83:09
En fait, dans le quartier où j'habite, je connaissais les commerçants et j'avais vu quelqu'un chez un commerçant. Et comme je connaissais très bien le commerçant, je passe quelques jours plus tard faire des courses chez lui. Et je lui dis, j'ai vu que vous aviez un monsieur très chic, très classe, avec un beau costume bleu et tout ça. Et il me dit, oui, c'est un copain. De temps en temps, j'allais boire un verre avec ce commerçant dans la rue parce qu'on connaissait tout le monde...
83:37
J'habite un quartier très sympa de Paris, donc on connaît pas mal de gens. Et donc, il me dit, oui, c'est un copain. Écoute, je lui dirai. Et puis, j'essaierai de l'inviter un soir à la boutique à la fermeture. Et puis, comme ça, je te convierai pour qu'on aille boire un petit apéro tous ensemble. Je dis, écoute, si jamais je suis libre et que je suis là à Paris, pourquoi pas ? Et donc, ça s'est fait. Mais très bizarre, ce qui prouve que c'est vraiment le destin. Et c'est pour ça que je voulais vous le raconter. En fait, il a confondu son copain.
84:09
Ce n'était pas du tout celui que j'avais vu. Ah oui. Vous voyez, c'est ça qui est drôle.
84:15
Quand c'est le destin, c'est le destin. Oui, c'est incroyable.
84:18
Voilà, et donc il me propose de m'envoyer en bas de chez moi, comme j'habitais pas loin, ce fameux monsieur, son copain, pour qu'il vienne me chercher et qu'il me rencontre avant qu'on aille boire un verre ensemble. Et je tombe sur quelqu'un qui vient me voir quand je descends en bas de chez moi, et puis je lui dis son prénom, et je le regarde et je me dis « mais c'est pas du tout lui que j'ai vu ».
84:46
Vous voyez ce que je veux dire ? Même de loin, en passant dans la rue et le voyant dans la boutique, celui-ci était immense. Je suis ravie, je suis très grande, il n'y a pas de souci. Mais en plus, j'ai eu le coup de foudre.
85:00
Le fameux coup de foudre.
85:01
Vous voyez, le destin, quand le destin doit le faire, j'ai vu quelqu'un d'autre, je parle de quelqu'un d'autre et on m'envoie quelqu'un d'autre.
85:08
Est-ce que ce coup de foudre fut réciproque ?
85:13
Complètement. Complètement. Complètement.
85:16
Et donc, bon, voilà, on est allés boire un verre ensemble. Et puis après, il m'a invité à dîner. Et je me suis très vite rendue compte qu'il aimait bien l'alcool.
85:27
Il n'était pas alcoolisé de trop ce soir-là, mais moi j'ai beaucoup d'intuition et j'ai tout de suite compris qu'il aimait bien l'alcool. Parce que moi j'aime bien un petit peu de temps en temps, mais pas tous les jours de ma vie. Et puis j'aime bien vers la fête, mais je suis quelqu'un de très raisonnable.
85:43
Agnès, je me permets de rebondir sur ce constat. Quand on a le sentiment qu'une personne aime bien l'alcool, en tout cas pour vous, qu'est-ce que ça voulait dire ?
85:56
J'ai constaté qu'il aimait bien l'alcool.
86:00
Ça voulait dire qu'il vidait ses verres assez rapidement, par rapport à moi, ça c'est sûr. Et qu'en plus, vous savez, les gens qui boivent de l'alcool, ils ont une odeur. Moi, je suis très sensible à tout. Quand j'ai les gens en face de moi, je sais à qui j'ai affaire. Leur odeur, leur regard, je sens beaucoup de choses. Et...
86:22
Pourtant, il était très propre de sa personne, il ne sentait pas mauvais ni rien du tout. Mais c'est plus un ressenti, vous savez, parce que j'ai des intuitions, c'est plus un ressenti très personnel.
86:34
Est-ce que vous vous souvenez si, à ce moment-là, vous vous êtes dit... Oups !
86:39
Peut-être que je dois faire attention ou que je dois aller un petit peu plus tâtonner le terrain de savoir s'il n'y a pas une dépendance ou quelque chose, une relation qui pourrait être toxique, malsaine ou autre avec l'alcool. Mais Sana, j'ai eu le coup de foudre.
86:59
Je ne me suis pas du tout dit ça. Oui, donc tu avais l'émotion. Je suis partie droit devant. Moi, je suis des signes du lion aussi, vous voyez ? D'accord. Moi, je fonce. Ça m'arrive rarement d'avoir des coups de feu, mais quand j'en ai un, je fonce, les yeux fermés. Oui.
87:13
Donc, non, non, pas du tout, du tout, du tout. Et puis, au contraire, je me suis dit, bon, de toute façon, si vraiment c'est avéré que c'est si important pour lui dans sa vie, l'alcool, moi, je suis quelqu'un de très, très fort. J'ai toujours envie d'aider les autres. Je suis toujours dans l'empathie. Et bien, je vais l'aider. Dès le départ. D'accord. J'ai une forte personnalité. Je suis quelqu'un de... J'avoue, je me sens toujours prête à aider les autres.
87:42
Et j'y laisse des plumes. Mais ce n'est pas grave. Je sais ce que mon cœur m'a dit de faire et ce que mon âme a ressenti.
87:47
Vous voyez ce que je veux dire ? C'est un peu le principe, quand on est sincère, honnête.
87:53
Et lui m'a raconté ses malheurs. Il bouillait depuis que sa femme l'avait quitté et était partie avec ses enfants. Je me demande si d'ailleurs sa femme n'est pas partie parce qu'il commençait à boire.
88:06
Et après, il a eu une maîtresse magnifique, puisque j'ai vu les photos chez lui, et qu'il l'a quittée aussi. Donc vous voyez, j'arrivais dans sa vie, il avait un coup de cœur pour moi, j'avais moi le véritable coup de foudre. Et je n'ai pas réfléchi, vous ne réfléchissez pas quand vous avez ce qu'on appelle un coup de foudre.
88:27
Je vous confirme, un coup de foudre, on a le cœur qui palpite, on se demande où est-ce qu'on se trouve, et puis ensuite il y a comme une espèce d'obsession presque à penser constamment à la personne. C'est un très beau moment le coup de foudre, et c'est un tsunami, parce qu'en fait, quand on dit que l'amour est aveugle, j'aurais plutôt tendance à aussi ajouter que quand on vit un coup de foudre, c'est l'aveuglement total en fait.
88:56
Moi, je n'étais pas du tout aveugle. J'ai la chance d'être très, très consciente dans tout ce que je fais dans ma vie, mais j'assume. Je vous dis, j'ai une forte personnalité. Et pour moi, j'allais l'en sortir. J'allais l'en sortir. Pour moi, c'était une évidence. Donc, j'ai vécu un enfer. Je comprends. Parce que les premiers mois, la première année, c'est tout beau, tout nouveau ?
89:19
Moi je suis restée à vie chez moi parce que je travaillais à côté de chez moi et puis je ne voulais pas assister quand je m'en suis rendue compte à sa boisson tous les jours parce que des fois il buvait, il ne mangeait pas. Par contre on se parlait tous les jours au téléphone, il y avait même plusieurs fois par jour. Vous ne viviez pas ensemble ? Non, non, non, il était chez lui. Je le retrouvais les week-ends quand je ne travaillais pas. La semaine, je restais chez moi.
89:44
Oui, alors que Marie avait fini, elle nous a dit, au bout de trois mois, elle avait fini par l'installer chez lui puisqu'il avait des soucis financiers.
89:53
Non, c'était d'une grande bourgeoisie, un monsieur qui avait été très haut placé dans l'armée, qui avait plusieurs immeubles dans Paris, des maisons en France et à l'étranger...
90:07
et qui était d'ailleurs archi radin, mais ça c'est pas grave. Et non, non, donc je le retrouvais soit chez lui pour le week-end, parce qu'il avait un très très grand appartement, ce n'était pas mon cas. Et puis je ne voulais pas, en plus il fumait, je ne voulais pas qu'on m'enfume chez moi. Je comprends. Et voilà, et puis on se retrouvait...
90:30
C'est moi, parce que je repense à Marie, Marie qui a une alerte par la sœur de son conjoint, de son mari, qui lui a dit attention, il boit. Moi ce que je voulais savoir c'est, au-delà de vous, vous vous en êtes rendu compte, mais est-ce que son entourage également le savait et est-ce que quelqu'un est venu vous en parler ?
90:55
Non, je n'avais pas besoin qu'on m'en parle, je l'avais constaté. Mais en plus, le pire de tout, c'est bien que vous me posiez la question, c'est que ses copains, dont le copain qui me l'avait présenté, l'encourageaient à boire. Comme ça, il faisait ce qu'il voulait avec lui.
91:11
Sous prétexte d'être un copain, il lui vendait du vin, il lui faisait livrer. Mais en fait, moi je m'étais très vite rendue compte qu'ils profitaient tous de lui, de ses maisons, de ses invitations. Et puis surtout, il l'encourageait à boire. C'était dramatique. Et moi je ne voulais plus fréquenter cet entourage-là. Je préférais me retrouver seule avec lui.
91:37
Donc ça a été le début de l'enfer. Pourquoi ? Parce que soit on se retrouvait chez lui, soit on se retrouvait ailleurs, en France ou à l'étranger. Mais il me faisait des coups pendables. Parce que quand il avait trop bu, il était capable de ne pas m'ouvrir la porte quand j'arrivais le vendredi chez lui et que je devais rester jusqu'au lundi. Parce qu'il était ivre mort.
91:56
Donc, j'arrivais avec ma petite valise, vous voyez, sous le bras. Et puis, voilà. Donc, je repartais vraiment dans un état. Mais à la longue, j'ai cru que j'allais devenir folle, Sanna. J'ai cru que je allais devenir folle. Parce que j'ai tout accepté. J'ai essayé de comprendre. J'ai essayé d'être patiente. Après, je l'ai fait voir par un médecin. En plus, je suis maligne, comme il travaillait dans l'armée. Et je lui ai fait connaître un médecin que j'ai rencontré qui travaillait dans l'armée aussi.
92:26
Et il a accepté de se prendre en charge quelques mois. Il avait légèrement diminué. Je pense qu'il le faisait pour me séduire encore plus et me garder. Mais en fait, très très vite, il était dans le déni. « Oh mais moi, je peux m'arrêter quand je veux. Oh mais moi, c'est pas compliqué pour moi. J'ai pas besoin de ça pour vivre. » Le déni total. Et après, il était sous baclofène.
92:49
Et il buvait quand même. Ah oui, donc il y a eu quand même des tentatives pour s'en sortir. Donc il admettait, il n'était pas dans le déni de son addiction.
93:00
Au départ, pour me séduire, non. Mais après ?
93:03
Quand il a arrêté de faire les soins et le bac Lefen avec le dit médecin que je lui ai présenté, figurez-vous qu'après, c'était fini. Mais non, tu ne t'inquiètes pas. Pourquoi tu ne veux pas aller faire une cure ? Je serai à tes côtés. Je serai là, je vais t'aider. C'est ce que le médecin t'avait proposé. Non, non, mais moi, je peux m'arrêter quand je veux. Tu sais bien que c'est comme ça. Et en plus, il était légèrement très intelligent déjà, mais pervers, narcissique aussi. Donc, il jouait avec moi.
93:33
Si je vous dis maintenant calmement que j'ai vécu un enfer, il y a des jours, des soirs ou des week-ends où je me serais tapée la tête contre les murs tellement j'étais en souffrance quand je rentrais chez moi. J'avais rêvé de ces trois jours avec lui. J'avais rêvé de vacances. Je suis arrivée à un été pour le retrouver, je ne vais pas dire plus que ça, mais en Espagne. Et puis, je suis arrivée. Il n'était pas à l'aéroport et il m'a ignorée. J'étais venue pour une semaine.
94:04
Donc je me suis pris un hôtel, j'ai tout assumé moi-même, il n'y avait pas de problème. Je savais très bien qu'il était dans sa maison, qu'il était chez lui, mais c'était la première fois que je venais, il m'a fait ce coup-là. Et là je me suis dit, je ne le reverrai jamais plus, je ne veux plus le revoir.
94:17
Alors justement Agnès, que fait-on quand le cœur voit une chose et que la raison en voit une autre ?
94:27
Je pense que ce n'est pas une question de faiblesse, c'est une question d'avoir envie de vivre les choses jusqu'au bout, je pense. Moi, je m'étais dit, de toute façon, il y a un moment, je vais lâcher prise, je vais m'en aller.
94:41
Moi, je suis très patiente, parce que j'ai un ascendant qui me permet aussi d'être patiente, puisque je suis taureau, je suis le ascendant taureau, et je peux vous dire, mais alors après, quand c'est décidé, je fonce. Et la vie m'a appris à prendre du temps pour voir les choses, pour les vivre et pour comprendre. Il avait franchement dans le cœur et dans la peau en plus. Je ne vous cache pas. Il avait 15 ans de moins que moi. C'était le top du top.
95:12
Il était intelligent. Il était intelligent. On rigolait tout le temps. Mais j'ai vécu des grandes choses avec lui. Je ne regrette pas. Mais j'ai dû me sauver. C'est là où je rejoins Marie. Moi, j'ai dû me sauver. Déjà parce que j'ai eu un rêve prémonitoire. J'ai rêvé qu'on allait le retrouver dans son lit au bout de trois jours, mort d'une hémorragie. D'accord ? Et puis, j'étais partie en vacances avec une copine pour essayer de me remettre et de me ramasser la petite cuillère parce qu'il me faisait tellement de plans et ce n'était pas de sa faute, je le sais.
95:49
Il n'était pas toujours forcément conscient. Mais moi j'arrivais chez lui, je nettoyais les cadavres de bouteilles, il y avait des souris, parce que le manger qu'il ne mangeait pas, il laissait dans les assiettes. Comme c'était dans un hôtel particulier, vous voyez ce que je veux dire, c'était dramatique. Il y a un moment, je n'en pouvais plus, je suis partie avec une copine en vacances, évidemment il m'a appelée sans arrêt, je ne le prenais pas. Mais quand je suis rentrée, la première chose que j'ai faite, c'est appeler pour savoir s'il allait bien. Et puis il m'attendait, et puis j'ai recraqué. Vous voyez ?
96:21
Et puis, j'ai fait ce rêve promenitoire. Et là, j'ai dit, bon, là, on te prévient. Parce que ça m'arrive, quelquefois, d'avoir des rêves comme ça. Et ça allait toujours être vrai.
96:29
Vous avez pris ce rêve comme un rêve symbolique, en fait.
96:32
Bah, écoutez, c'est ce qui est arrivé. Parce que je l'ai quitté pendant quelques mois. Je suis allée le revoir une fois, mais très froidement et très distante, volontairement, pour récupérer les autres trois affaires qu'il y avait chez lui. Et puis, j'ai vu dans quel état il était. C'était dramatique. Il m'a fait pitié.
96:49
Et puis j'ai dit non, c'est plus possible, parce que là c'était vraiment, il ne se l'avait même plus.
96:54
Ah ouais, oh là là.
96:56
Non, non, mais ça devient grave au bout d'un moment. Puis les commerçants du quartier que je connaissais, puisqu'il me connaissait également dans son quartier, le voyait arriver ça, il suppillait pour s'acheter des bouteilles alors que des fois il lui refusait, alors qu'il avait une cave avec les meilleurs vins de France, mais ce n'est pas grave.
97:13
Qu'est-ce que vous avez fait à ce moment-là ? Une hospitalisation ?
97:18
Non, il n'a rien voulu faire. Pendant deux ou trois mois, j'ai cessé les contacts téléphoniques. Je ne l'ai pas bloqué, mais on s'appelait de moins en moins. Je voulais me reconstruire et essayer de survivre. J'en étais à un stade où je m'étais beaucoup dégradée, physiquement et moralement.
97:38
Puis un jour, sa gardienne qui gérait l'hôtel particulier et l'immeuble à côté m'a appelée pour me dire « Écoutez, Agnès, je voulais vous annoncer que M. Untel, la police est venue, a fracassé sa porte, on l'a retrouvée dans son lit. Au bout de trois jours, il est mort d'une hémorragie interne. » C'était mon rêve. Et je lui avais dit qu'il allait mourir de ça. Parce qu'il savait que j'avais un don, il savait que je sentais les choses et je l'avais prévenu.
98:10
Mais en fait, il était suicidaire. Ces gens-là, soit ils boivent pour oublier des situations de souffrance ou soit ils boivent pour se suicider, pour oublier. J'ai rien pu faire, Tana.
98:26
J'ai juste trouvé ma peau. C'est votre interprétation ?
98:30
J'ai tellement vécu et tellement franchi.
98:33
Et vous avez raconté un petit peu sa vie, la raison pour laquelle il avait besoin de boire ?
98:42
Oui, je vous l'ai dit. C'est sa femme qui l'a quittée avec ses deux enfants qu'il ne voyait plus. Grande souffrance pour lui. Souvent, les femmes, des fois, elles ne sont pas intelligentes. Elles éloignent leurs enfants de leur papa ou vice-versa. Et ça, ce n'est pas top pour les enfants non plus. Mais lui, ça l'a enfoncé dans sa dégradation, dans sa fuite. Après, il rencontre une super nana, il vit une love story avec elle, il est amoureux, il est dingue, il me raconte tout ça. Je vois les photos, je comprends pourquoi. Elle était magnifique aussi.
99:13
Mais pareil, elle l'a quittée pour les mêmes raisons.
99:18
Vous n'avez jamais rencontré sa première femme.
99:21
J'ai vu les photos. J'étais juste en train de me dire que... Bon, ça, c'est votre interprétation, de dire qu'il s'est mis à boire lorsque sa femme l'a quittée.
99:33
Parce que ce qui m'interpelle quand même, je me dis toujours, pour quelle raison est-ce qu'une femme irait interdire les enfants, leurs enfants, de voir leur père ? Donc si c'est uniquement pour des raisons d'instrumentalisation, permettez-moi juste de mettre un peu de nuance, peut-être que ce monsieur buvait déjà avant ?
99:56
Alors, je l'ai su comme il était dans l'armée. Dans l'armée, il faisait des petites fêtes de temps en temps entre hommes. Je l'ai su. Mais il n'était pas alcoolique comme après. Rien à voir.
100:08
Il aimait ça.
100:09
Il avait des fêtes. Voilà. Mais je crois qu'il s'est enfoncé de plus en plus dans sa faiblesse, en fait.
100:15
C'est dans sa souffrance, surtout.
100:18
Bien sûr !
100:18
Dans sa souffrance, c'est ça qu'on entend.
100:22
Il m'a raconté aussi que son père était mort dans le métro, en revenant d'un endroit précis, qui était un symbole, en plus pour lui comme pour moi, que je ne citerai pas.
100:32
Et qu'il a été très choqué de la mort de son père, qu'il avait vu le midi, il avait déjeuné avec lui. Il ne rentre même pas le soir parce qu'il est mort dans le métro d'une crise cardiaque. Et en fait, c'est un garçon qui était hypersensible, un grand enfant, avec une hypersensibilité. Moi, comme je suis quelqu'un de très maternel et de très construit, Parce que moi, les souffrances m'ont construit. Et puis, je n'ai pas cherché ni à prendre de la drogue, ni à prendre de l'alcool spécifiquement pour fuir ou pour me remettre.
101:06
Parce que moi, je suis très croyante et je me suis reconstruite grâce à la méditation, à la prière, à tout ça. Donc, j'ai un autre chemin de vie, si vous voulez. Mais voilà, j'ai rien pu faire pour lui. J'ai laissé des plumes, j'ai beaucoup souffert.
101:23
Je ne regrette rien et je n'ai pas pu le sauver malheureusement. On ne peut pas sauver les gens qui ne veulent pas être sauvés.
101:29
Agnès, merci beaucoup d'avoir pris le téléphone ce soir. Merci pour votre sincérité.
101:33
Je suis désolée de raconter une fin un petit peu tri.
101:36
Merci pour votre confiance et j'espère que vous aurez des jours et j'en suis certaine des jours meilleurs.
101:56
La Libre Antenne.
101:58
Sanna Blanger. Bonsoir à toutes et à tous. Bienvenue dans la Libre Antenne d'Europe 1 jusqu'à 1h du matin. Tout au long de cette émission, je vous propose de réécouter les moments les plus forts de cette saison. Bonne écoute.
102:12
Europe 1, la Libre Antenne. Sanna Blanger. Bonsoir Elie. Bonsoir Sanna. Bienvenue à la Libre Antenne.
102:23
On remet dans le contexte, jeudi soir, nous avons terminé l'émission avec vous. Et donc, je vous avais invité à nous recontacter ce soir, donc lundi, lundi soir, pour la reprise de la semaine. C'est ce que j'ai fait. Exactement. Donc, Hélène, brièvement, vous nous avez appelé parce que que se passe-t-il pour vous ?
102:51
Bah écoutez, moi ça va bien.
102:58
Surtout que vous avez, alors très rapidement, je trouvais que vous aviez beaucoup d'autodérision.
103:05
Oui, alors ça j'en ai toujours.
103:09
Parce que ce dont je me souviens, c'était, j'ai vécu dehors pendant 7 ans. Vous me dites si je me trompe.
103:17
Non, non, mais je vais vous rajouter quelques épisodes.
103:20
Qu'on vous a roulé dessus. Oui.
103:26
Alors, j'ai eu deux accidents. On m'a fonchée dessus à 100 km heure à peu près. C'est ça, exactement. Parce que la police a fait une enquête et les pompiers aussi. Et puis l'an dernier, j'étais SDF, on m'a roulé sur la jambe. J'aurais pu finir avec des broches, mais heureusement, je suis tombée sur un bon chirurgien.
103:44
Et donc, je pensais sortir, je marche très bien, je ne cours pas encore, mais je marche bien.
103:50
Oui, ça va, vous vous reprenez un petit peu ?
103:53
Oui, bien sûr, parce que maintenant, je ne suis plus SDF.
103:56
Ça, c'est une bonne nouvelle.
103:59
Ah ben oui, mais il a fallu de l'accident pour que j'ai un toit, quoi, quand même. Oui ?
104:05
C'est-à-dire que j'étais à Bourges, ça s'est passé à Bourges. J'avais été deux ans auparavant au foyer Saint-François, qui était dirigé par un monsieur qui est décédé. Et donc, au début, il me disait, vous voyez, je ne veux pas parler de ce qu'il fâche.
104:25
Mais les gens qui sont sans papiers, ils ont toutes les places possibles. Et malheureusement, c'est ce qui s'est passé dans le foyer. Moi, il a fallu que j'ai l'accident, entre guillemets, pour avoir une place. Bon, j'étais hospitalisée en psychiatrie pendant un mois auparavant parce que c'était le seul moyen que je sois tranquille. Je n'avais pas de problème psychologique. J'ai repris simplement le médicament parce que je ne me soignais plus pendant six ans, du coup. Ah oui, bah oui. Bah ouais, j'étais à ZL. J'étais... Voilà, je...
104:56
En fait, c'est en cela que je parlais d'autodérision parce que moi, je me souviens de la façon dont vous nous l'avez dit. Vous nous avez dit, on m'a roulé sur la jambe et c'était par un 4x4 dernière génération.
105:09
Tout à fait. C'est-à-dire un dernier 4x4 qui pèse environ 3 tonnes. Le mec m'a parfaitement vue. J'étais en train de dormir avec la jambe en fusil, comme on dit. C'est-à-dire la jambe... droite et là, j'ai recrevillé. Il m'a regardé dans les yeux, je l'ai vu dans les yeux, il m'a rendu dessus. Il y a été doucement, il a mis marche arrière. Heureusement, il y a quelqu'un qui... Je criais ma mort. Je croyais que je l'ai crevé. Et il y a quelqu'un qui est venu me secourir.
105:41
Heureusement, il m'a emmené aux urgences.
105:43
Est-ce qu'il y a une caméra ? Est-ce que vous avez pu déposer plainte ?
105:46
Alors, oui. J'ai déposé plainte après parce que j'étais J'ai été au commissariat, à deux commissariats différents, toujours à Meun et à Bourges. J'ai expliqué ce qui s'est passé. C'était une plainte, sans être une plainte, mais à la fin, j'ai dit oui, je dépose plainte. Ça, ça date de...
106:16
Il y a un an et demi, c'est ça ?
106:18
Oui, à peu près, oui. Donc vous voyez, on se dit, et parfois, au milieu du chaos, une lumière qui revient, une preuve que les choses peuvent bouger, même après l'inacceptable.
106:31
Il faut être résistant dans la vie, c'est grâce à mes parents aussi.
106:36
Vous savez, pour vous, je peux vous dire que j'ai énormément d'admiration pour vous, Hélène, et votre parcours, parce que quand on se retrouve à la rue aussi longtemps, il est extrêmement compliqué de revenir à, entre guillemets, une forme de normalité.
107:00
La rue vous marginalise tellement...
107:03
C'est horrible. Déjà, pour un homme, ce n'est pas facile, mais pour une femme, c'est encore pire.
107:11
Vous faisiez partie de ce qu'on appelle les invisibles. Il y a eu même un film dessus.
107:17
Les invisibles, ce sont donc ces femmes qui sont dans l'ombre et qui font tout pour ne pas se faire remarquer parce qu'une femme dans la rue, c'est extrêmement vulnérable et on peut imaginer tout ce qui peut lui arriver.
107:36
J'ai été extrêmement marquée par une histoire, un témoignage d'une SDF qui s'appelle Michelle.
107:48
Mon deuxième prénom.
107:53
Et elle a été violée 78 fois en 15 ans.
108:00
Quelle horreur ! Quelle horreur !
108:03
Non mais c'est affreux. Mais comment ça a pu être comptabilisé ça ?
108:05
Parce que je ne comprends pas 78 fois.
108:10
On n'est pas allé lui demander comment est-ce qu'elle a comptabilisé. D'accord, d'accord, d'accord. Mais peut-être comme quelqu'un qui est prisonnier et qui compte le nombre de jours, elle a compté le nombre de fois où son corps était maltraité.
108:24
Elle nous expliquait qu'elle dormait au parking de la Défense et en fait elle cherchait justement des 4x4, des SUV qui lui permettaient de se cacher sous la voiture pour ne pas être vue.
108:43
Ah bah oui mais il ne fallait pas que le cacat démarre dans la nuit quoi. C'est ça le truc aussi.
108:49
Et donc elle a tenu comme ça pendant 15 ans et puis un jour elle a rencontré une jeune femme incroyable qui l'a...
109:01
Elle l'a apprivoisiée petit à petit, comme un animal apeuré qu'on approche. Elle a eu cette intelligence du cœur extraordinaire et elle l'a sortie de la rue.
109:14
Et ce n'est pas vous, non ?
109:19
Non, non, non. Moi, c'est une personne qui est une maman travail.
109:24
D'accord. Une prostituée que j'ai accompagnée.
109:29
Ah, d'accord. Ah, d'accord, d'accord. Non, non, c'est... Moi, j'ai entendu des histoires à Paris.
109:38
Il y avait une femme qui avait été retrouvée morte dans une caravane vers le truc de la forêt, là, je sais.
109:47
Je ne suis plus de Paris parce que j'ai vécu 21 ans à Paris.
109:50
Au Bois-de-Boulogne, au Bois-de-Vincennes ? Oui, voilà.
109:52
Non, au Bois-de-Boulogne. Au Bois-de-Boulogne. Elle avait été retrouvée morte. Ah oui, il y a quelques. C'est des femmes, mais plus que courageuses. Il faut être complètement, un petit peu suicidaires quand même. Parce qu'on ne sait pas avec qui on va. Et on peut.
110:10
Hélène, vous êtes là ? Oui. Hélène, est-ce que je peux vous poser la question ? Est-ce que vous acceptez d'y répondre ? Oui, bien sûr. Qu'est-ce qui s'est passé pour que vous vous retrouviez à la rue ?
110:23
Je vous l'ai dit un petit peu succinctement... C'est ça, on avait commencé là-dessus. Samedi, pas samedi, jeudi. Jeudi soir. Oui, jeudi soir. L'antenne, vous vous reposiez un petit peu quand même. Eh bien...
110:40
Voilà, moi je suis commercée parce que je suis revenue à un bourge.
110:47
Hélène, rapprochez-vous du téléphone s'il vous plaît.
110:50
Oui, là, c'est bon ?
110:52
Oui, c'est parfait.
110:53
C'est bon là ? Oui, c'est parfait Hélène. D'accord. Donc, moi je suis tombée enceinte, j'étais à Paris, j'étais malheureusement un peu SDS, moi je n'assumais pas à l'époque, j'avais une carte bleue, je...
111:10
Je sortais, le lendemain j'avais peur de regarder mes tickets, enfin bon bref. Donc j'ai été SDF un petit peu, pas longtemps, j'ai été hébergée chez quelqu'un. Vous étiez enceinte à ce moment-là ? Non, c'est chez cette personne que j'ai appris que j'étais enceinte. Donc cette personne m'a dit, écoute, il faut mieux que tu assumes quelque part. C'est vrai que Bourges est beaucoup moins cher que Paris, c'est sûr en location. Cette personne a eu la gentillesse de me faire un chèque de caution, que je l'ai remboursé après.
111:47
Il n'y avait pas de problème, c'est qu'à l'époque, je n'avais pas trop d'argent. Et donc, je me suis installée à Bourges. Bon, j'ai eu quelques problèmes.
112:02
On va dire le retour de grossesse, là, comment ça s'appelle ? Vous savez, quand on fait une dépression... Postpartum ?
112:11
Oui, voilà. Vous avez fait un postpartum ?
112:14
Postpartum, oui. Et donc, j'ai fait une petite dépression. Après, j'ai été hospitalisée, j'ai été suivie. Ma fille a été placée à...
112:31
L'Azeu ? Non, ce n'était pas à L'Azeu. Non, c'était à Annière. C'était un foyer pour les enfants, même les bébés. Une crèche. Enfin, ce n'est pas une crèche. Je ne sais pas. Donc, voilà. Donc, la foyer, ça se passait très, très bien. Etc. Je l'ai eu jusqu'à 7 ans. Et puis...
112:51
tombait sur des éducateurs. D'ailleurs, on parlait, j'ai entendu un petit peu la dame parler.
112:56
Oui, juste avant, Marie.
112:58
Voilà. Et il y a des trucs des éducateurs, mais... C'est pas des éducateurs, c'est...
113:08
Hélène, on a du mal à vous entendre parce que... Ah d'accord, parce que je parle doucement. Non, non, c'est parce qu'on a le sentiment que votre téléphone, ça fait un espèce d'accordéon, ça va, ça vient, ça va, ça vient. Ah d'accord, c'est bizarre, ouais. Bon, ben voilà, grosso modo, voilà. Donc vous vous êtes retrouvée dans la rue, démunie pendant six ans ?
113:35
Pendant six ans, oui. Alors, j'ai été hébergée quand même, je tenais à le dire, par un ami que je connais depuis six, sept ans.
113:45
Bon, ça ne s'est pas toujours bien passé, mais c'est quelqu'un qui vieillit et quelqu'un qui est adorable. Il a des problèmes de santé et que je le vois toutes les semaines. Jusqu'à présent, vous vous voyez ? Ah oui, jusqu'à présent. Là, je suis revenue de chez lui hier. J'ai été le voir trois jours. C'est quelqu'un avec qui je suis sortie. Maintenant, je...
114:11
Je ne sors plus avec lui, mais c'est un ami véritable.
114:17
On l'entend à votre voix, vous en parlez avec beaucoup de tendresse.
114:20
Ah oui. Oui. Oui, oui. Mais voilà quoi.
114:29
Mais voilà, moi il faut dire que je suis un peu à poil et à vapeur, comme on dit. Oui, non, non, mais c'est vrai en plus, je suis plus homosexuelle.
114:41
Je ne souris pas parce que vous êtes en train de nous dire que vous êtes homosexuelle, c'est parce que j'ai entendu que je suis à poil et à vapeur. Je suis à poil et à vapeur.
114:53
Oui, mais à quoi ? C'est une expression de tiers. Ça veut dire que je suis plus homosexuelle qu'hétéro, quoi. Non, mais j'aime beaucoup.
115:01
Moi, je ne connaissais pas.
115:02
Oui, mais ça, c'est une vieille expression française. Ça veut dire « je suis de gauche, je suis droite, je suis homo, je suis hétéro ». Je suis bi surtout. Je suis un peu franche des fois.
115:16
C'est très bien. C'est cette authenticité. Je suis sûre que c'est pour ça qu'on vous adore Hélène. Je voulais vous dire, l'authenticité quand vous êtes à la rue, il ne faut pas le dire. Non, surtout pas. Alors, juste une chose, on a reçu un SMS pour vous. Un message pour Hélène que je connais. Comment se passe sa nouvelle vie dans son nouveau logement ? Force et courage à elle, pleine de créativité et de ressources.
115:42
Et c'est qui ? Vous pouvez donner le nom, c'est une fille ou un garçon ? Je n'ai pas le prénom parce que malheureusement, ce n'est pas signé. Non, il y a juste marqué un message pour Hélène que je connais. Et vous pourrez me donner le numéro de téléphone ? J'attends, je raccroche pas. Alors, si la personne nous laisse ses coordonnées... Ah bah oui, mais là, c'est... Alors, est-ce que vous pouvez au moins répondre à la question ? Alors, répétez-moi le message, s'il vous plaît. Un message pour Hélène que je connais. Comment se passe sa nouvelle vie dans son nouveau logement ?
116:14
Force et courage à elle.
116:16
Ah... Bah écoutez, ça va, mais moi j'attends mon appartement. C'est pas un...
116:24
Vous êtes où là, actuellement ? Je suis dans une pension de famille à Viergeau. D'accord, donc vous êtes en... Et donc, c'est mon tremplin pour avoir mon enfant. Parce que moi, je rêve... Oui, c'est une transition, exactement. D'accord. C'est mon tremplin. Je fais un peu cascadeur. Mais, ouais, ouais. Et donc, c'est mon tremplin pour avoir mon... Non, non, je vois, mais sinon c'est magnifique. Ah, c'est bien. C'est un studio de 20 mètres carrés, nickel. Ils ont refait la peinture avant que j'arrive.
116:55
J'ai une télé, je me suis achetée quand même. Une petite chaîne, c'est tout ce qu'il me faut. Et ce qui me manque, c'est simplement que je me rachetais un chevalet parce que je suis peintre. Oh, bravo. Très bien. Oui, peintre, dessinatrice, illustratrice. D'ailleurs, aux éditions L'Armatant, j'ai illustré une quinzaine de...
117:15
de livres. J'ai fait des livres pour enfants aussi. Donc, Hélène Laroche, je le dis, j'assume. Et donc, voilà. Vous allez voir.
117:27
J'ai un Facebook aussi. Vous avez des admirateurs, Hélène. Vous êtes souvent passée à la libre-antenne, c'est cela ?
117:37
Non, pas du tout. Une fois, j'étais au foyer. C'était avec Valérie Dermont. Qu'on l'embrasse ? Oui, elle est adorable. Elle est géniale. C'est aussi une amie, Valérie. Après, j'ai retéléphoné pour le passé. Ils m'ont dit « Bon, il faudrait attendre quelques mois. » Et puis, vous, voilà, je vous ai parlé jeudi et j'aime votre antenne.
118:12
Vous êtes des gens, vous êtes magnifiques, Anna. Ah, si, si, si, magnifiques et en plus généreuses. On voit que des fois, ça vous énerve et vous prenez votre calme, etc. Moi, je trouve ça génial.
118:29
Il faut que le jeune qui cherche un boulot prenne de la graine un petit peu.
118:41
Je l'ai un petit peu secoué, mais comme véritablement une amie, parce que j'ai vraiment envie qu'il s'en sorte. Oui, mais il doit être têtu depuis il y a 30 ans aussi. Il est jeune. Je disais que vous avez un admirateur, ma chère Hélène, parce que nous avons reçu un SMS pour vous de Yannick qui vous dit « Hélène, vous êtes une femme merveilleuse, douce et authentique. J'adorerais vous compter parmi mes connaissances, si vous le souhaitez également. » Et il a laissé son numéro de téléphone. Oui.
119:11
Ah ben, il n'y a pas de problème. Il n'y a pas de problème, vous me laisseriez son numéro de téléphone. D'accord, donc il ne faut pas raccrocher et... Ah ben non, parce que l'autre jour, j'ai raccroché. Après, j'ai laissé le message avec mon numéro de téléphone. Apparemment, vous devez recevoir... un bon nombre d'appels pendant la journée aussi.
119:31
Non, en fait, ça n'a rien à voir pour vous expliquer, pour expliquer aux auditeurs, quand vous appelez et que vous passez en direct, Maëlle et Nicolas prennent votre numéro de téléphone pour vous rappeler, mais en revanche, ensuite, une fois que vous êtes passés, nous ne gardons pas les numéros de téléphone.
119:48
Ah, d'accord ! C'est normal, pour des raisons de protection, etc. Donc, une fois que vous êtes passés, le téléphone, on jette.
119:57
Ah d'accord, bon ben voilà, il faut le savoir. Il faut le savoir. Vous achetiez plusieurs lignes à ce moment-là parce que vous allez recevoir un bon nombre d'appels.
120:09
Donc en fait, une chaîne de l'amitié. Si je comprends bien, Hélène, vous nous appelez pour justement entrer en contact avec plein d'autres personnes. On sent également chez vous beaucoup de générosité, de créativité.
120:22
Oui, mais alors moi comme artiste, entre guillemets, parce que je n'aime pas trop les artistes. Oui, c'est ce que vous nous disiez. Je n'aime pas trop les artistes, même si j'en suis une un peu.
120:33
Je suis une comédienne aussi. Mais moi, si je peux, il faudra voir, je ne vous le dis pas toutes les semaines, je ne veux pas faire le forcing ou quoi que ce soit, mais une fois par mois, ça me plairait bien.
120:47
Alors, déjà, puisque vous peignez... Parce que je vais avoir du nouveau. Parce que là, on a parlé un peu de moi. Bref.
120:55
Vous savez, vous pouvez laisser vos coordonnées sur la page Facebook de La Libre Enquête ?
121:01
Oui, alors non. Justement, avec moi, j'ai de la chance. Je me suis fait piquer mon compte Facebook. Ah mince ! Donc, j'ai accès à mon Facebook. Tout le monde a accès à mon Facebook. C'est une photo noire et blanc avec ma chienne derrière. Hélène Laroche, mais j'ai plus hâte de faire.
121:21
Et donc, je le garde, je ne vais pas le fermer, parce que je le garde, mais je ne peux plus rien mettre sur ces trucs. Et là, je ne sais pas trop comment vous dire. Hélène, plein de bonnes choses pour la suite. Vraiment, merci, vous êtes un rayon soleil. Vous de même, et pour Nicolas aussi, et pour Maëlle aussi. Merci, infiniment. Et pour vous, vous êtes merveilleuse, continuez comme ça.
121:44
Vous aussi. Et reposez-vous un peu. Merci Hélène. Faites du yoga ?
121:51
Au revoir et prenez soin de vous.
121:56
Merci beaucoup. Merci.
122:08
C'est parti !
122:24
C'est parti !
123:01
Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501
124:27
Europe 1, la libre antenne, Sana Blanger. Bonsoir Marie. Bonsoir. Bienvenue à la libre antenne. Oui, merci. Qu'est-ce qui vous arrive Marie ?
124:40
Eh bien écoutez, mon mari et moi avons deux proches dans le handicap et la maladie et il est vrai que Dans ce domaine-là, c'est parfois difficile de trouver des personnes aidées, informées, et deux, compétentes, et deux, trois, honnêtes.
125:01
Voilà, sachant le contexte qu'il y a au niveau médico-social et au niveau, on va dire, sociopolitique, vous en le dire, c'est vrai qu'on peut parfois se retrouver face à des gens qui, comment dirais-je, qui vous donnent le sentiment d'être motivés, qui ont la parole facile. Et puis, on est tombés sur ce genre de personnes, puisqu'on ne trouvait pas de professionnels.
125:31
On est quand même dans l'handicap x2, avec plusieurs pathologies. Et comme le système institutionnel n'avait aucune réponse, nous nous sommes tournés vers une personne qui...
125:44
qui très tôt avait repéré l'aîné dans le cadre scolaire, où maintenant on le sait, il savait qu'il pouvait se faire de l'argent. Voilà, donc il y a huit ans de cela, on a eu une personne qui avait donc deux contrats, et cette personne donnait le sentiment au départ d'être bienveillante, etc. Mais moi ce que je trouvais un petit peu étonnant, parce que j'observe beaucoup, et puis j'ai J'ai des compétences dans ce domaine-là, du fait de mon ancienne profession.
126:15
Je disais toujours à mon époux et aux proches, il y a quelque chose qui ne va pas chez cette personne. On n'a pas vraiment de retour écrit, ni d'amélioration au niveau comportemental des proches.
126:25
Et donc j'avais tenté d'écrire un petit peu aux instances pour alerter en demandant si effectivement ils avaient un retour de cette personne, si elle faisait bien ses missions. Et je n'avais pas de réponse vraiment...
126:41
Voilà, rien d'écrit évidemment, et puis par oral c'était souvent le flou, où les gens sont dépassés, débordés, etc.
126:49
Je comprends Marie. Marie, vous faites partie de ces personnes dont on ne parle pas assez, c'est-à-dire celles qui tiennent, qui gèrent, qui encaissent, et puis un jour, ces personnes se réveillent épuisées, vidées, trahies, c'est ce qu'il semble, c'est ce que j'ai le sentiment.
127:06
Ah oui, c'est plus que trahi !
127:07
Est-ce que vous acceptez, Marie, que je vous pose un petit peu plus de questions, de façon à comprendre ce qui vous arrive, qui vous aide également, et d'essayer de vous soutenir, de vous aider comme on peut ?
127:21
Oui, bien sûr. Alors, vous nous dites avoir été frappée deux fois par le handicap. Vous avez également plus ou moins expliqué que vous vous étiez faite avoir ?
127:36
Voilà, trahison, on donne sa confiance parce que malheureusement aujourd'hui, le monde du handicap n'est pas suffisamment, vous dites, encadré, formé, soutenu. Qu'est-ce qui vous est arrivé très exactement ? Racontez-vous.
127:53
Eh bien écoutez, quand on se retrouve dans un handicap x2 avec des pathologies diverses, Le quotidien est lourd en ce sens où il faut toujours courir pour trouver un spécialiste pour le diagnostic, parce que c'est ce qui permet l'ouverture d'un dossier. C'est ce qui permet à la personne de mettre des mots sur les mots, si je puis me permettre. Et à partir de là, c'est comme ça que les proches ont pu, on va dire, tant bien que mal, tenter d'être intégrés dans la société.
128:27
Quand je dis tenter, c'est parce que...
128:29
Ce n'est pas le problème de leur handicap, c'est le problème du regard des autres ou alors le problème dans le milieu scolaire où on n'apprend pas très tôt comme dans certains pays, désolé de lui dire, l'empathie.
128:43
Il y a des pays où très tôt, on apprend l'empathie, la politesse, des choses comme cela. On sait très bien que les jeunes entre eux ne sont pas très tendres. Et puis, si vous voulez, dans le spécialisé, ce n'est pas mieux non plus. Je sais de quoi je parle.
129:01
Il y a forcément des codes sociaux qui ne sont pas repris. Vous avez donc deux enfants qui sont atteints de quel type de handicap ?
129:12
c'est au niveau de la sphère autistique et TDAH et maladie de Lyme. Et peut-être même la tourette. On a du mal à avoir un diagnostic. Parce que souvent, ce que les gens ne savent pas, c'est qu'on l'a appris tardivement, c'est que l'autisme peut être lié à la maladie de Lyme. Trouble du spectre autistique ? Oui, oui, oui. La maladie de Lyme, vous avez bien entendu. Et qu'il y a encore des grosses batailles, notamment en France, entre une certaine médecine et, on va dire, les neurosciences. Donc, C'est triste à dire, mais il y a des enjeux politiques, financiers, de la récupération.
129:49
On va dire le malheur des uns fait le bonheur des autres. Je suis désolée de le dire, mais c'est bien de cela dont il s'agit. Et pareil au niveau du recrutement des personnels. On voit très bien que dans une société qui est malade, ça personne ne pourra me dire le contraire. Depuis un certain nombre d'années, il y a un glissement, un glissement tel que...
130:08
C'est tout juste si vous n'avez pas à taper sur Internet comment devenir éduc ou animateur. Et puis voilà, c'est dans la poche. Une personne qui sait bien parler, qui sait bien contourner les choses devant des psychologues parce qu'on sait qu'il y a certaines personnes qui savent très bien.
130:25
Elles arrivent facilement à se faire connaître, à briller, à montrer pâte blanche, comme on dit. Puis après, voilà, la spirale infernale commence et c'est ce qui nous est arrivé.
130:37
Alors justement, qu'est-ce qui vous est arrivé ?
130:41
Il ne nous est arrivé que l'individu, parce que je ne peux même plus parler de personne, ... ... ...
131:05
Et donc les temps de récréation qui sont des temps très lourds, très durs en termes de bruit, de stimuli, etc. Et cette personne s'est fait le porte-parole, si vous voulez, d'un grand frère ou d'une grande sœur, je ne veux pas le dire. Et puis que par la suite, la personne vulnérable...
131:25
a cru être en confiance parce que la personne vulnérable, elle est atypique, elle n'a pas tous les codes sociaux. Vous parlez de votre fils ? Oui, l'un des deux. C'est comme ça que ça a commencé. C'est à partir de là que ça a commencé. Et comme on ne trouvait pas de personnel qualifié, puis qu'on nous a pas trop aidé non plus à en chercher, ou alors ce qu'on nous proposait, c'était des choses qui étaient complètement inadaptées, avec des reproches toujours les parents ceci cela ça aussi en France on est très fort au niveau culture à dire c'est toujours la faute des parents Moi, j'ai même entendu dire par une personne qui travaillait dans une institution, dire à une éducatrice, si les parents ont des enfants handicapés, c'est Dieu qui les punit.
132:09
Franchement, quand on en arrive là, c'est quand même gravissime. Donc, quand vous tombez sur ce genre d'individu, je veux dire, qu'est-ce que vous voulez faire ? Dès le départ, les dés sont jetés. La personne, elle se montre bien.
132:25
Parfois il y a des personnes d'une maladresse abyssale.
132:28
Non mais c'est plus une maladresse. C'est carrément des gens qui savent très bien ce qu'ils font. Ils savent très bien cibler où ils vont.
132:36
C'est malheureux à dire, mais on est dans une société de plus en plus égocentrique, individualiste et qui crée des monstres, excusez-moi de le dire. Je n'aime pas généraliser, mais avec Internet n'aidons pas et le dark n'en parlons pas, on crée des monstres.
132:52
Donc votre fils atteint de la maladie de Lyme.
132:56
Entre autres, mais là on l'a suit tardivement.
132:58
Donc vous arrivez à une situation où il faut absolument un encadrement, c'est ça ?
133:04
Il faut surtout un encadrement parce qu'il a été injustement mis en psychiatrie et il en est revenu, ce n'était plus le même. Il nous a tout cassé dans la maison parce que l'hôpital en question avait hâte de libérer des places. C'était combien de temps ? Après, ce n'est plus la même personne, c'était difficile de trouver des spécialistes. C'était quand Marie ? Ça, ça remonte à peu près à une dizaine d'années. Et quand la personne a un trauma, quand vous êtes autiste, c'est très dur de travailler sur un trauma chez un autiste. Alors c'est l'arbre qui cache la forêt.
133:37
Évidemment, quand moi j'ai essayé d'alerter la personne qu'on avait en termes d'encadrant, je trouvais qu'il y avait des choses qui n'allaient pas. Parce que bon, voilà...
133:48
Je sais voir les choses, c'est comme ça, je suis née comme ça, il y en a qui disent que c'est un don, je suis beaucoup dans l'appétit, bon ben c'est comme ça, même les psychologues le disent, donc très tôt j'ai essayé d'averter, mais comme je suis la mère, évidemment la mère ceci, la mère cela, et comme je vous dis, il y a une certaine médecine, en autisme entre autres, on accuse encore les mères, je suis désolée de le dire.
134:07
Donc partie de ce volet-là, comment voulez-vous apporter des arguments ?
134:13
Quand vous dites que vous accusez en tant que mère, qu'est-ce que vous entendez, ou en tout cas, quelles conséquences ça a sur le quotidien de votre enfant, le quotidien de votre... Ah ben ils souffrent !
134:25
Ils sont stigmatisés !
134:27
On a eu droit à un passage au tribunal, il a fallu s'expliquer, on est passé à une chaîne de télé pour un petit peu, pas pour dénoncer mais pour dire qu'il faut faire attention, c'est pas toujours les parents qui sont responsables et qu'en aucun cas, voilà, stigmatiser, ça peut être dangereux. C'est comme ça que ça a commencé.
134:46
Après il y a des souffrances qui s'installent, il y a la colère qui s'installe, il y a l'insentiment d'injustice qui s'installe. Oui mais ça le travail est fait avec les comportementalistes, les parents surviennent d'ailleurs, il y en a même qui hypothèquent leur maison, psychologue comportementaliste pas remboursé, on sait pourquoi, éducateur comportementaliste pas remboursé.
135:08
Je disais, ce que vous décrivez, finalement, c'est une double violence. C'est à la fois celle du handicap et celle de l'institution, c'est-à-dire celle de la fatigue et celle du soupçon, en fait. C'est ça. Oui, c'est ça. Vous êtes mère et à la place d'un soutien, on vous a donné un procès, en fait.
135:22
Ah ben c'est clair, oui, il a fallu se défendre, il a fallu faire valoir à l'extérieur que l'aîné, ce n'est pas des troubles à une mauvaise éducation, etc. Mais ça persiste encore aujourd'hui. Récemment, on a été confronté par des gens qui portent l'uniforme dans le médical, qui ne sont pas gênés de dire aux enfants « c'est pas étonnant que vous soyez comme ça avec des parents pareils, sauf que là, moi je n'ai pas laissé faire ». J'ai dit, on va s'expliquer. C'est quand même malheureux d'être obligé de faire venir la police, de devoir s'expliquer, d'en arriver là.
135:58
C'est allé même très loin. Ça fait un mois pour le second qu'on alerte que la personne en question qui devrait être en correctionnel est revenue dans la région et que l'aîné ne sachant pas se faire.
136:11
L'a dit au second. Le second est devenu blême. Ensuite, ça a été une escalade. J'ai dû quitter le domicile. L'impulsivité s'est installée. Les crises se sont installées. Le système médical, pendant un mois, qui ne donnait pas de piste médicale ou qui nous disait on n'a pas de place. Vous voyez avec votre spécialiste. Merci, au revoir. Et puis, arriva ce qui arriva. Il y a eu un clash. Et on s'est retrouvés quand même. Police, pompiers.
136:40
dehors, devant le voisinage, on vient d'aménager il n'y a pas longtemps, où il a fallu expliquer aux voisins, il y a des gens qui ont eu peur, et puis imaginez le trauma de la personne qui se retrouve confrontée à cela, et puis dans le lot, il y en avait un qui... J'ai commencé à avoir une stigmatisation pareille. Et là, j'ai dit, écoutez, il faut arrêter parce que sinon, j'en référerai à l'avocat. J'ai dit, vous allez trop loin dans les propos. Vous me discréditez devant mon fils qui n'est pas bien en pleine crise, qui vit des choses.
137:13
On vous a expliqué. Et puis, vous continuez. J'ai dit, vous avez un problème avec les femmes ou alors vous avez un problème avec les mères. J'ai dit, il faut arrêter.
137:20
Il m'a mis en danger devant mon fils.
137:23
Marie, avez-vous trouvé un seul lieu, une seule personne qui ait reconnu votre combat sans vous juger ?
137:31
Oui, les comportementalistes, psychologues comportementalistes, éducateurs comportementalistes, mais c'est toujours en privé. Voilà, c'est toujours pareil, hein ?
137:41
C'est toujours pareil, mais dès que vous entrez dans le système public, malheureusement, le peu de gens qui ont une éthique, qui sont vraiment professionnels, ils se font laminer par les nouveaux arrivants, parce que les nouveaux arrivants, c'est comme des requins, et puis ils savent tout, ils ont tout appris, et puis à la faculté, on enseigne encore que ceci, cela, et puis voilà, c'est...
138:06
Comment dirais-je ? Il y a des intérêts qui n'ont plus rien à voir avec un projet de vie, avec un projet personnalisé de la personne. Donc comment voulez-vous que les personnes s'en sortent ?
138:16
Alors aujourd'hui, de quoi auriez-vous besoin ? Pas pour tout régler, j'entends. Pas pour tout régler, mais juste pour reprendre un peu d'air. De quoi auriez-vous besoin ?
138:25
Eh bien déjà qu'on puisse très vite activer la clinique là où doit aller le second parce qu'on a perdu énormément de temps et la personne a une pathologie maintenant suite à cela qui s'est aggravée à tel point que ça risque de se retourner contre elle parce qu'elle parle de suicide et de mort et contre nous. Moi je me suis retrouvée dans une situation où j'ai dû quitter le domicile pour me protéger quoi.
138:53
protéger la personne et pour me quitter, pour protéger l'entourage. C'est pas normal de se retrouver à prendre sa voiture, à laisser sa fenêtre ouverte, à être sur le qui-vivre, à ne pas pouvoir dormir ou dormir habillé, à être comme des animaux traqués parce que la personne est en toute liberté, parce qu'elle agit probablement, la police disait, au travers des jeux vidéo, des choses comme ça, moi je ne peux pas parce qu'il est majeur, évidemment la personne sait très bien ce qu'elle fait.
139:22
Marie, j'ai juste un tout petit peu de mal à comprendre. Quand vous parlez de la personne est majeure, vous parlez de qui ?
139:29
Je parle de la personne victime, mon proche. Votre fils ? Oui, je parle du second qui était victime d'une escroquerie, d'une manipulation et d'un vol quand même d'argent par abus de confiance.
139:42
par la personne qui s'était occupée de votre aîné, c'est ça ?
139:46
Il était sous contrat sur les deux. Il avait deux types de contrats différents.
139:50
Comment est-ce que vous vous en êtes rendu compte, concrètement ?
139:54
Au fil du temps, je voyais que les missions n'étaient pas vraiment... Puis quand vous voyez que les personnes autistes ne progressent pas, c'est un signe. Si elles régressent, c'est un signe.
140:02
D'accord. Ah oui. Dans le comportement, dans les propos, la fatigabilité, on peut dire ce qu'on veut, mais les mères, on sent les choses. Et puis quand on a une certaine expérience dans le métier, on voit bien qu'il y a quelque chose qui ne va pas. Donc bon, j'ai quand même essayé d'alerter et tout, mais voilà, il faut toujours des preuves comme ci, comme cela. Toujours, malheureusement. Et puis on est dans un paradoxe. C'est comme pour une déprise de décision, on a bien vu à la dernière intervention, les indices blancs, les autres indices noirs. Alors vous vous retrouvez là-dedans, et les personnes, elles ne peuvent pas aller, elles ne peuvent pas aller bien, forcément.
140:39
Vous avez déposé plainte ? Vous avez déposé plainte ?
140:42
C'est-à-dire que nous, on n'avait pas le droit, il fallait qu'on fasse un signalement. Uniquement un signalement ? Avec toutes les preuves concrètes et factuelles que vous aviez ? Ah bah écoutez, ils estimaient que ce n'était pas suffisant, on a trouvé ça assez étonnant. Donc, ici, ça n'a pas bougé. Je vous dis, l'affaire a été renvoyée quatre fois au procureur. La personne est en cavale, elle n'a pas d'adresse fixe. Alors forcément, l'individu en question, il s'en amuse. Ce genre de manipulateur, il joue au chat à la souris. Donc, il a le temps de faire des dégâts. Voilà, on en est là.
141:14
C'est incroyable ce que vous nous racontez.
141:16
Ah oui, ça, vous pouvez le dire.
141:17
Ah non, vraiment. Mais alors, quelle est la solution ?
141:19
Non seulement c'est ça, mais j'aurais pu mourir il y a quinze jours.
141:24
Quelle est la solution ? Qu'est-ce qu'on vous a proposé comme solution ?
141:31
Rien de concret.
141:33
Votre avocat ? Des associations qui pourraient vous aider ?
141:38
Les associations sont débordées, sont surbookées. C'est sur liste d'attente de 2 ans, voire 5 ans.
141:44
Aussi bien pour les nés, sans compter que les institutions spécialisées, maintenant, osons le dire, souvent, on nous répond « il est trop lent pour les nés » ou « ceci, cela, il est fatigué, il est fatigable ». Alors voilà, avant, dans le spécialisé, on n'entendait pas ce genre de discours. Mais maintenant, voilà, c'est une entreprise, pardonnez-moi, je ne fais pas le procès des institutions spécialisées, il y en a des honorables, mais elles sont prises dans une spirale aussi socio-politique, économique, qui fait que, voilà, il faut la rentabilité. Alors, ben, les personnes sont pénalisées.
142:16
Elles rentrent dans eux qu'une case. Si on comprend bien, là, ce que vous aimeriez faire déjà, c'est hospitaliser, enfin hospitaliser non, mais trouver des instituts spécialisés pour mettre vos deux enfants, c'est ça ?
142:34
Non, alors attendez, il y a une différence, parce qu'ils ont des pathologies à un degré différent. L'aîné, effectivement, est à un état sévère maintenant. qui nécessite une prise en charge pluridisciplinaire. Effectivement, style foyer. Pour l'instant, il a un encadrement, on va dire, on est les seuls, je crois, à l'avoir fait jusqu'à présent, au domicile et avec l'extérieur. Mais effectivement, on est confronté avec le spécialisé qui...
143:04
qui a des directives bien précises et on a l'impression comme si on leur faisait du tort. C'est dingue, c'est comme s'il y avait des enjeux. Je ne sais pas, c'est vraiment assez fou.
143:18
Vous savez, alors j'entends, je vous rassure, je ne remets absolument pas en question votre ressenti. Maintenant, ce ressenti, vous l'avez suite à quoi ? Qu'est-ce qui se passe ? J'ai bien entendu, vous aimeriez que votre aîné soit dans un foyer pluridisciplinaire parce que son état s'aggrave, parce qu'il est violent, de ce que j'ai entendu. Donc, on vous répond quoi quand vous appelez la police ?
143:47
et que vous dites mais là je suis obligée de sortir de chez moi j'ai eu une différence en cloche bon en général ils s'accordent maintenant à dire que c'est médical c'est pas de leur ressort parfois ils se déplacent plus parce qu'ils sont débordés faut quand même le dire et quand ils se déplacent c'est quand on est soit à terre ou soit qu'il y a un objet qui fait que ça nécessite l'intervention de la police mais en même temps c'est la double peine parce que c'est pas des délinquants quoi
144:16
C'est exactement ça, c'est vrai. Je comprends, je comprends. C'est compliqué, c'est très compliqué.
144:26
Pour le second, ce qu'il faut, c'est activer la clinique, il faut que les choses aillent très vite, et là où on n'est pas du tout satisfait, et je dirais même en colère, et je pense qu'on ne restera pas là, c'est avec l'institution d'un hôpital, qui a minimisé les choses depuis un mois alors que le psychologue avait alerté, le psychiatre aussi. Et là, c'est pareil. Alors, ils ont beau s'excuser avec le recul. En plus, on nous a perdu deux mois de traitement sur le lieu. Je veux dire, la personne qui est tombée dessus sur la préparation, si c'était une personne qui est dépendante de médicaments, elle a pu très bien les utiliser.
145:07
Mon fils aurait dû être surveillé, il n'était pas surveillé. Il aurait dû être accompagné par la police et en même temps par les pompiers. Or, il n'y a eu que les pompiers. Arriva ce qui arriva, au bout de 8-10 heures, il était fatigué. Et puis, il est rentré à la maison. Mon mari a dû dernièrement passer 24 heures d'attente pour expliquer de nouveau à l'équipe spécialisée les informations qui n'avaient pas été données et la situation dans laquelle on se retrouvait, c'est-à-dire dangereuse.
145:34
Alors les infos ne sont pas passées, et ce n'est pas la première fois que ça arrive. L'aîné, on l'a laissé repartir de l'hôpital avec un ticket de métisse à 23h le soir. Comme on lui a toujours appris de ne pas parler aux gens, il y a un monsieur qui a vu qu'il était différent, il a voulu lui parler, mon fils s'est sauvé. À 23h, il a fait des kilomètres à pied en pleine nuit. Voilà, c'est des choses qui ne devraient pas arriver, ça. Une autre fois, un malade a fait déplacer des lignes malades. Enfin, c'est quand même...
145:59
quand même gros, quoi. Je veux dire, les choses, on se croirait dans un film.
146:05
Et pourtant, c'est la réalité. Et oui, c'est la réalité. On a reçu un SMS, Marie, pour vous. Marie, il vous a manqué de rencontrer des personnes sachant que vous portez de la reconnaissance et de l'amour, le partage, votre vision de la société qui a évolué dans un mauvais égoïsme. J'entends une grande colère d'injustice.
146:26
Oui, mais bon, ça ne résout pas le problème sur le terrain.
146:30
Ça ne résout pas le terrain. Effectivement, vous êtes une lanceuse d'alerte ce soir pour nous expliquer ce qui se passe. Le gros sentiment d'impuissance, d'injustice, effectivement. Alors, il y a des associations ? Est-ce que vous avez contacté certaines associations ?
146:47
Oui, bien sûr, on a fait le tour, croyez-moi.
146:50
Ces amortismes TND France ?
146:52
On a fait le tour, elles sont débordées. Je vous dis, c'est sur liste d'attente entre 2 ans et 5 ans.
146:58
Oui, vous l'avez bien entendu. Oui, j'ai bien entendu. Donc en fait, si je comprends bien, vous devez supporter la violence à la maison, juste appeler la police qui fait son travail, qui vient ou la gendarmerie, en fonction de là où vous êtes, parce que je ne sais pas où vous habitez, jusqu'au lendemain. Donc vous vivez dans un stress permanent ? C'est ça que j'entends ?
147:24
Oui, mais quand vous dites violence, ça me gêne un peu en ce sens, parce que c'est plutôt de l'impulsivité et des crises dues à des troubles anxieux généralisés. Donc ce n'est pas de la violence pure. Excusez-moi, le terme est mal choisi, ce n'est pas de la violence au sens propre.
147:39
Vous avez raison, et moi quand je mettais le mot violent, il n'y avait pas du tout de... Je ne parlais pas de violence dans le sens... Non mais c'est important pour les auditeurs de préciser.
147:49
On est dans l'affaire autistique, on est dans l'handicap et la maladie, avec des jeunes qui sont suivis très tôt, dès qu'ils ont été diagnostiqués. Et je me souviens très bien d'ailleurs que les spécialistes disaient, mais c'est des parents formidables qui se donnent à 200%, ils font le maximum et malgré tout, ils rament quand même et malgré tout, ils se retrouvent démunis. Et ça, c'est quand même incroyable. C'est incroyable. Ou alors on propose des choses inadaptées, mais on ne va pas accepter n'importe quoi.
148:21
On parle d'êtres humains, là. Mais même pour les animaux, on ne mettrait pas les animaux n'importe où. Excusez-moi de faire le parallèle. Ce n'est pas du même niveau, mais bon, c'est pour vous dire. Je veux dire, pour nous, en tout cas, et les professionnels qui sont vraiment au plus proche de nous, ils le disent, c'est de la maltraitance familiale ce qu'on vit. De la maltraitance familiale. Là, il y a vos violences. Et là, c'est la vraie violence.
148:48
Parce qu'on a l'impression que voilà, on est débordé, le système est comme ça, il y a d'autres priorités. Une avocate un jour qui m'a sorti, vous savez la priorité en ce moment c'est pas ça, c'est les guerres, c'est les attaques au couteau ma pauvre dame. Bon courage, merci, au revoir. Voilà.
149:05
Qu'est-ce que je vous dise ? Effectivement, je comprends, parce que vous parlez de débordement neurologique. C'est la maladie qui sature, c'est la maladie qui crie, c'est la maladie qui déborde. Donc là, en thérapie, on appelle ça un comportement de détresse. Vous avez raison, ce n'est pas un acte antisocial, c'est un signal, c'est un appel à l'aide, mal décollé pour les autres, mais qui, en revanche, provoque quand même une détresse et puis...
149:35
Oui, parce que c'est des troubles anxieux généralisés qui sont aggravés. Et si ce n'est pas... C'est long. Quand il y a un trauma, c'est long. Ce n'est pas faute d'avoir demandé de l'aide. Mais là, excusez-moi, c'est au niveau des procureurs que ça se joue. Si on n'ouvre pas le dossier pour permettre des méthodes comme la méthode de MDR qui fonctionne très bien, le casque virtuel sur tout ce qui est trauma, c'est sûr qu'après, c'est la porte ouverte à toutes les dérives.
150:05
Parce que les hypersensibles, c'est les émotions qui volent en éclats. Et les spécialistes, vous le direz mieux que moi, c'est les émotions qui sont effacées ou qui sont manipulées. Ça ferme des portes et ça en ouvre des mauvaises dans le sombre. Et après, c'est l'escalade.
150:29
C'est l'escalade, quand vous avez des garçons qui veulent aller à l'école, ou des filles, bon voilà, j'en ai connu, et puis à un moment donné, atypique toujours, puis à un moment donné, ils sont brimés, ils sont cassés, alors parfois ça peut être de la maladresse, bon ça passe encore, moi quand les gens le reconnaissent et sont honnêtes, ça va, mais parfois ça peut être des gens qui règlent eux-mêmes leur propre enfance, qui auraient besoin d'un bon psy, là oui, que de travailler auprès d'enfants ou de personnes dans l'handicap.
150:57
Et c'est là qu'il faudrait faire attention à ce qu'on recrute en termes de personnel. Je suis désolée. Soit on est fait pour la profession, soit alors on ne l'est pas fait, puis c'est tout.
151:08
Moi, je pense que ça ne s'apprend pas. Je pense que c'est inné, c'est un don.
151:12
n'est pas éducateur ni accompagnant qui veut. Je suis désolée. C'est comme n'est pas boulanger ou électricien qui veut.
151:18
Non, mais c'est une certitude. De toute façon, ce que vous venez de déposer à l'antenne, c'est le cri de milliers de familles qu'on n'entend pas. Je me souviens... D'aidants familiaux, aussi.
151:32
Vous savez combien gagne un aidant familial par rapport à un accompagnant ? Quand l'accompagnant, il fait son travail, c'est bien. Il a 14 Nous, on avait, excusez-moi de parler à l'argent, mais on en vient, 7 euros net. Vous ne trouvez pas que c'est une insulte ? C'est en dessous du SMIG. Venez passer les journées de 6-7 heures le matin jusqu'à minuit, une heure du matin, plus le quotidien et le reste. Alors, voilà, moi, je ne peux pas me soigner, je ne peux pas avoir mon médecin. Aujourd'hui, j'ai dû annuler encore un rendez-vous. Le mois dernier, j'ai dû annuler un rendez-vous.
152:04
Quand on a eu le souci, là, récemment, j'étais halitée, j'avais de la fièvre. Courez au lit.
152:11
Vous ne pouvez pas vous mettre en arrêt maladie. Vous devez être là et puis c'est tout.
152:16
Vous devez faire attention dans une discipline de vitre et voilà.
152:20
Vous savez, en vous écoutant, j'étais en train de me dire que peut-être il faudrait mettre en place une plateforme d'urgence dédiée, vous savez, aux parents épuisés par le handicap. Pas pour signaler, mais juste pour soutenir, vous voyez. Bien sûr. Dans certaines régions, Marie, il y a des dispositifs d'alerte ? Oui, dans certaines régions, vous l'avez bien dit. Qui dépendent de la MDPH, des cellules de crise médico-sociale. Est-ce que vous le saviez ou pas ?
152:51
Oui, bien sûr. On est à l'âge de pierre. Vous savez qu'en dernier recours, on peut aussi saisir les ARS ou le défenseur des droits.
153:01
On l'a fait. Ça a été fait, tout ça ?
153:05
Ils s'en étonnent qu'on n'ait pas de solution, que ce soit comme ça. Les gens sont mutés, après on a d'autres personnes, il faut reprendre le dossier, il faut réexpliquer l'histoire. C'est comme ça, les gens vont et viennent, partent, sont mutés, c'est une réalité. Dans le médico-social, il y a quand même un certain nombre, c'est des carriéristes, il faut le dire. Voilà, c'est ça, c'est pas une vocation. Ceux qui restent qui ont une vocation, à un moment donné, ils baissent les bras.
153:32
Je vois bien, récemment, un éducateur spécialisé, chef de service, qui a 17 ans de métier, puis qui vraiment, qui est mal payé pour ce qu'il fait, puis alors, il a vraiment, vraiment la méthode, vraiment celle qu'il faut. Ben, il commence à baisser les bras, il va être formateur, il en a marre. Et voilà, on rame dans le vide à un moment donné, ben voilà, pour ne pas se retrouver en burn-out, hein.
153:57
On t'écoute les gens.
153:59
Comment vous faites-vous pour respirer, pour trouver un peu de... Je médite. C'est la foi. Moi, j'ai la foi.
154:07
La foi, l'entourage des gens. Les relations humaines, ça a toujours été mon dada. Je suis née comme ça. J'ai moi-même baigné dans l'handicap. J'avais une mère malade. J'avais une soeur handicapée. Pour nous, ce n'était pas tabou. C'était naturel. Être empathique, en parler. Il n'y a pas de... C'est tout ?
154:28
Il n'y a aucun souci de ce côté-là. Donc quand on vit comme ça, j'ai été fait comme ça, dans le partage, dans l'amour, même si il y a eu des hauts et des bas, on peut dire tout ce qu'on veut, mais l'essentiel, les bas, on les a eus.
154:41
Voilà, c'est ça.
154:42
Marie, on comprend que vous avez traversé l'indicible, et pourtant, ce soir, vous êtes là, présente, vivante, vous parlez, et mieux encore, vous méditez.
154:59
Vous cherchez encore des respirations, des espaces pour vous ressourcer, vraiment c'est peut-être là le plus bouleversant, c'est que malgré l'injustice, vous voyez, malgré la solitude, vous continuez à prendre soin de ce qu'on appelle votre lumière intérieure, et ça au moins c'est vrai, puis c'est au moins une victoire.
155:22
je me sens démunie, je ne sais pas quoi vous dire face à ce que vous vivez parce que manifestement pour le moment tout est en pause ce que vous vivez est suspendu mais ce qu'on entend vraiment c'est votre force et cette force elle est en mouvement elle est résistante donc en attendant d'un relais mais comme on dit jamais d'une abdication donc vraiment tout ce que je peux vous souhaiter c'est encore de de cheminée, du courage.
155:54
Et vraiment, j'espère que vous nous appellerez pour nous dire que vous avez trouvé enfin une solution pour vous sortir. Que ce soit pour vos enfants qui souffrent.
156:04
D'abord eux, c'est les premiers concernés. Ça c'est clair. C'est surtout eux, ils ont besoin et on ne peut pas laisser les personnes comme cela. C'est des citoyens à part entière.
156:19
C'est tout. C'est comme ça. J'espère, en tout cas, si jamais des auditeurs souhaitent partager avec vous, ne serait-ce que parler, parce que je le disais en début d'émission, parler c'est déjà trouver parfois des solutions. Et puis la communauté de la Libre Antenne est vraiment très puissante également.
156:39
Si vous souhaitez aider Marie, soutenir Marie, appelez-nous au 01 80 20 39 21, laissez vos coordonnées et on les transmettra à cette mère courage. Vraiment, vous avez tout mon soutien Marie.
156:53
Je ne suis pas la seule. Et puis il y a aussi des pères et des grands-pères et des grands-mères.
156:57
D'autres mères, d'autres pères, que ce soit des pères solos, des mamans solos, des familles entières. Donc voilà, un cri du cœur pour toutes les personnes qui sont dans votre situation, parce que j'ai déjà eu également d'autres témoignages.
157:11
Et puis les personnes qui souffrent, parce que les personnes atypiques, c'est déjà dur parfois pour certains d'accepter qu'ils sont atypiques, ce qu'on leur renvoie. Alors si en plus se rajoute tout ce que je viens de vous dire, c'est vrai que Le passage à l'acte, il n'est pas loin. Sur eux ou sur les autres. Après, voilà.
157:34
Il ne faut pas que ça en devienne un fait divers, c'est tout.
157:37
C'est sûr. Marie, bon courage. Merci à vous. Et j'espère que la prochaine fois que vous nous appellerez, c'est pour nous donner, partager la solution ou les solutions que vous aurez trouvées sur votre chemin.
157:49
Voilà, on va poursuivre, on va y croire et on va prier. Exactement. Merci Marie.
157:52
Merci à tous, merci à vous et puis bonne suite. A bientôt. Au revoir. Au revoir Marie.
158:02
Merci d'avoir passé cette soirée avec la libre antenne sur Europe 1. Si ces témoignages vous ont donné envie de prendre la parole, sachez que nos équipes vous attendent du lundi au jeudi dès 22h15. Vous pouvez vous inscrire dès maintenant au 01 80 20 39 21 ou par SMS au 7 39 21 avec le mot Nuit. Prenez soin de vous et Douce Nuit sur Europe 1.